DE LA FONTE ET DU FF.K. 155
On grille les minerais spathiques pour en séparer le soufre etl’arsenic; on les expose à l'air pour séparer la magnésie à l’étatde sulfate. On traite les minerais ainsi préparés, dans de grandsappareils nommés hauts-fourneaux, qui consistent en deux cônestronqués réunis par leur grande base. On les charge par leurpartie supérieure; on les remplit d’abord de charbon. Lors-qu’ils sont élevés à une très-haute température, on y versealternativement du charbon et du minerai mélangé de fondantqui est argileux quand le minerai est calcaire, et calcaire quandla gangue argileuse ou silicieusc domine dans la mine. La si-lice forme, à l’aide d’une haute température, des silicates fu-sibles. Ainsi, en ajoutant de la silice dans les mines calcaires,on détermine la formation du silicate de chaux. La silice aaussi l’avantage de séparer le manganèse en plus grande partieà l’état de silicate de manganèse. Quand, au contraire, la silicedomine, la chaux a l’avantage de préserver ou de remplacer unegrande quantité d’oxyde de fer, qui formerait du silicate fusibleavec la silice, et occasionnerait une grande perte.
La fonte se rend à la partie inférieure du haut fourneau, et estsurmontée par les scories qui sont, d’après Mitschcrlieh, des sili-cates de fer, de chaux, de manganèse, à proportions definies.
On compte, en France , au moins 500 fourneaux de fonte et1,400 feux d'affinage, produisant chaque année trois millions dequintaux métriques de fer. D’après M. de Balaschcff, la Belgique possède actuellement 150 hauts-fourneaux, et produit moitié au-tant de fonte que tous les départements de la France réunis.
Depuis quelques années on a introduit dans les usines à ferune amélioration remarquable ; elle consiste à injecter sur le mi-nerai introduit dans les hauts-fourneaux, de l’air échauffé entre160 et 400°. On obtient ainsi plus de produit avec moins de com-bustible, et plus de régularité dans le fonctionnement des hauts-fourneaux. C’est en Écosse , dans les fonderies de la Clyde, qu’ona, dès le principe, employé ce procédé, et, depuis, l’applicationde l’air chaud aux forges des maréchaux et des serruriers, a donnédes résultats très-satisfaisants.
On a substitué dans quelques localités, au charbon de bois, l’u-sage du coke dans la fabrication de la fonte ; et dans ces dernierstemps on a employé, avec beaucoup de succès, le bois torréfié.Voici, d’après M. de, Balaschcff, qui a publié une notice très-inté-ressante sur cet objet, les avantages du bois torrélié. On a unemarche plus régulière du haut-fourneau, des engorgements moinsfréquents ; la fonte paraît aussi s’cire améliorée, surtout pour lemoulage. Mais le graud avantage obtenu partout par ce nouveau