108 CHIMIE.
disposition à roneer suivant les saignées que l’on trace ainsi, soiten vermiculé, soit eu zigzag, soit en bandes transversales, selonle goût des forgerons.
«La lame est alors re'chaullée, rapportée sur l’enclume, et re-battue pour rentrer les saignées et dresser le tout.
« Immédiatement après cette opération, on lime et polit la lameà l’émeri.
«Pour la tremper, il faut la chauffer au rouge brun ou cerise,la plonger dans l’eau selon les procédés ordinaires , et la recuireen la chauffant légèrement, la frottant de cire vierge, et laissantcelte cire s’évaporer au-dessus du feu.
» On repolit à l’émeri et au brunissoir.
«Tout étant terminé, on met la lame en couleur comme il suit:
«Prenez une auge de bois d’une, longueur convenable pour voslames ; versez-y deux doigts d’eau pure ; ajoutez à cette eau assezd’acide nitrique pur pour lui donner le goût de vinaigre très-faible.
» Dégraissez la lame en la frottant avec du coton mouillé, sur le-quel vous mettez de la ponce en poudre, puis de la ponce sèchesur du coton sec Jusqu’à ce que la lame ne soit plus humide. Pourêtre sûr qu’elle soit bien dégraissée, plongez-la dans une cuved’eau pure ; l’eau doit y adhérer sur toute la surface.
«Plongez ensuite la lame dans l’eau acidulée, et suivez attenti-vement l’effet de l’acide. Quand la veine s’est montrée partout,attendez encore qu’elle prenne toute sa vigueur. A ce point, plon-gez et agitez la lame dans la cuve d’eau pure.
« Dès qu’elle est lavée, portez-la sur un linge fin en plusieursdoubles; épongez, par une simple pression simultanée, en-dessuset en-dessous; l’eau qui baigne la lame l’oxyderait. A peine épongée,couvrez la lame d’huile de pied de bœuf, que vous versez dessus;laissez-la égoutter, et ne l’essuyez que le lendemain, en la conser-vant toujours un peu grasse, et n’employant qu’un linge très-lin.
» Un autre procédé consiste à mettre en couleur par le zag orien-tal (sulfate acide de fer et de magnésie). Cette mise en couleurpratiquée par les Orientaux, est propre à faire ressortir toute labeauté du damassé. Mais il faut s’abstenir de vases de bois. Onprend donc, au lieu d’auge, un vase cylindrique de verre, appelééprouvette à pied, d’une dimension proportionnée à l’objet qu’ondoit mettre en couleur. On y jette quelques grammes de zag etbeaucoup d’eau pure ; on agite le tout pour bien mélanger le zagavec l’eau, et on y plonge la lame dégraissée comme nous l’avonsdit. Le zag étant faible, l’opération marche très-lentement, maisavec sûreté.