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Chimie / A. Bouchardat
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208 CHIMIE.

cipité est d’un jaune clair. Les arsénites produisent avec les sels decuivre une couleur verte, connue sous le nom de vert de Schéele.

HISTOIRE TOXICOLOGIQUE DE L’ARSENIC. — Comme plu-sieurs préparations d’arsenic son t employées dans les arts, qu’onse sert communément en France , comme mort aux rats, d’acidearsénieux, et que par conséquent ce redoutable poison, malgréles précautions prescrites par les lois, est à la disposition de beau-coup de personnes, nous allons entrer dans quelques détails surl’histoire toxicologique de ce métal.

L’acide arsénique et l’acide arsénieux sont les combinaisonsles plus vénéneuses de l’arsenic ; les sels et les sulfures le sontbeaucoup moins, L’arsenic est un poison pour tous les végétauxet les animaux.

Voici la série de phénomènes qui peuvent faire soupçonner unempoisonnement par l’arsenic. Un quart d’heure environ aprèsque le poison a été pris, le malade éprouve à l’estomac une cha-leur brûlante ; une soif inextinguible se déclare. Plus tard vien-nent les vomissements accompagnés d’affreuses douleurs, decruelles coliques quelquefois suivies d’une diarrhée violente; dessueurs froides, des syncopes, des spasmes dans les membres,des convulsions, et la mort vient bientôt mettre un terme à cetétat si on ne porte pas de prompts secours.

Antidotes ou contre-poisons. — Faire vomir, puis administrerde l’hydrate de peroxvdc de fer en grande quantité.

RECHERCHES MÉDICO-LÉGALES SUR L’ARSENIC. — On scpropose souvent de rechercher l’arsenic dans le cadavre d’unepersonne qu’on soupçonne avoir été empoisonnée par une prépa-ration arsenicale. Voici les expériences qu’on exécute à cet effet.

On fait bouillir le contenu de l’estomac et ses membranes cou-pées avec de l’eau rendue alcaline par un peu de potasse caus-tique ; on sursature la liqueur avec de l’acide hydrochlorique, onla filtre et on y fait passer un courant de gaz sull'hydrique. Si ellerenferme de l’arsenic, elle jaunit au bout de quelque temps, puisil s’en précipite du sulfure d’arsenic à l’état de poudre jaune. Sila quantité d’arsenic est très-faible, la liqueur devient jaune sansqu’il y ait formation d’un précipité ; mais, en l’évaporant, le sul-fure d’arsenic se dépose à mesure que l’acide se concentre parl’évaporation. On fait passer la dissolution à travers un très-petitfiltre et on lave le sulfure d’arsenic. Si la quantité en est telle-ment petite qu’on ne puisse le retirer du filtre, on l’enlève aumoyen de l’ammoniaque caustique qu’on évapore ensuite dansun verre de montre; le sulfure qui reste peut être détaché duverre et recueilli. On le transforme en acide arsénique ; à cet effet