ACIDE ARSÉMEUX. 211
» L’expert peut répéter ces opérations autant de fois qu’il veut,jusqu’à ce qu’il soit bien convaincu de la présence ou de l’absencede l’arsenic dans les matières soumises à l’essai.
» Ce procédé réussit sans embarras quand les liqueurs suspectessont bien limpides ; mais il n’en est pas de même lorsque cesliqueurs sont visqueuses, qu’elles renferment des matières orga-niques en dissolution, comme cela arrive presque toujours dansles recherches médico-légales. Dans ce cas le dégagement d’hA-drogène donne beaucoup de mousse, et il faut souvent attendrefort long-temps avant que cette mousse soit tombée et qu’ellepermette d’enflammer le gaz. M. Marsh recommande, pour empê-cher la formation de la mousse, de verser une couche d’huile à lasurface du liquide.
» Le procédé de Marsh ramenait à une simplicité inattendue larecherche de l’arsenic dans les cas d’empoisonnement, recherchequi, par les anciens procédés, était souvent fort longue et très-délicate : aussi fut-il bientôt mis à l’épreuve par un grand nombrede chimistes.
» En étudiant ce procédé de plus près, on ne tarda pas à s’aper-cevoir qu’il pouvait donner lieu à des méprises graves, si l’on secontentait d’un examen superliciel des taches.
» Ainsi, M. Liéhig fit remarquer que l’appareil de Marsh pouvaitdonner des taches miroitantes, ressemblant beaucoup à celles del’arsenic, quand la liqueur soumise à l’essai renferme en dissolu-tion une quantité un peu notable de certains métaux, du fer, parexemple à l’état de chlorure. Cela tient à ce que le gaz entraîneavec lui mécaniquement des gouttelettes excessivement petites dela dissolution ; les sels métalliques que ces gouttelettes renfermentsont plus ou moins complètement réduits dans la flamme du gazhydrogène, et se déposent sous forme de taches sur la porcelaine.
» M. Liéhig recommanda de faire passer le gaz à travers untube, de verre peu fusible, de quelques millimètres de diamètre,chaude au moyen d’une lampe à alcool; l’arsenic vient alors for-mer un anneau miroitant à une petite distance, en avant de la partiechauffée, tandis que les métaux entraînés mécaniquement avec ladissolution se réduisent par l’hydrogène dans la partie chaulï e,et s’y arrêtent. Cette même modification au procédé de Marsh futproposée vers la même époque par M. Berzélius ; clic a des avan-tages sur le procédé primitif.
» L’appareil proposé par Marsh ne fut pas généralement adopte.La disposition était un peu compliquée ; elle avait l'inconvénienttrès-grave de ne permettre d’opérer que s'ur de très-petits volumesde liquide à la fois, et de ne donner qu’une flamme de quelques