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Chimie / A. Bouchardat
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ACIDE ARSÉNIEUX. 221

comme très-douteuses, les indications qu’il fournirait, si le dé-pôt qui s’est formé dans la partie anterieure du tube chauffé nepermettait pas à l’expert, à cause de sa faible épaisseur, devérifier d’une manière précise les caractères chimiques de l’ar-senic.

» Nous ajouterons que, dans le plus grand nombre des casd’empoisonnement, l’examen des matières vomies ou de cellesqui sont restées dans le canal intestinal, convaincra l’expert dela présence du poison, et qu’il n’aura à procéder à la carbonisa-tion des organes que dans le cas où les premiers essais auraientété infructueux, ou dans ceux très-rares où les circonstancesprésumées de l’empoisonnement lui en indiqueraient la néces-sité. »

L’Académie de médecine s’est occupée en dernier lieu de laquestion de l’arsenic. Voici les principales conclusions du rapportqu’elle a adopté :

« 1° Par suite de carbonisations ou incinérations incomplètesdes matières animales , on obtient quelquefois , en se servant del’appareil de Marsh, des taches qui, sans ctre arsénicales, peu-vent en avoir l’apparence ;

» 2° 11 n’est pas possible de confondre ces taches avec les ta-ches arsénicales, lorsqu’on fait intervenir l’action des agents chi-miques ;

» 3° Parmi tous les modes de carbonisation où d’incinérationqui ont été proposés pour la destruction des matières animalesdans les recherches toxycologiques relatives à l’arsenic, deuxprocédés viennent en première ligne : la carbonisation par l’a-cide sulfurique, proposée par MM. Flandin et Danger, et l’inci-nération par le nitrate de potasse, telle qu’elle a été adoptée parM. Orlila. Chacun de ces procédés ayant sesavantages particuliers,l’expert, dans le choix qu’il en fera, aura à se décider suivant lescirconstances et l’état des matières ;

» 4° Le procédé inventé par MM. Flandin et Danger pour con-vertir en acide arsénieux l’arsenic éliminé par l’appareil deMarsh, est bon et ingénieux; mais la commission lui préfèrele dernier procédé de M. Orlila, et surtout celui proposé parl’Institut;

• 5° M. Orfila a le premier démontré chimiquement la présencede l’arsenic dans l’ensemble des organes des animaux empoison-nés, et les travaux'communiqués par lui à l’Académie sur ce sujetont été reconnus exacts par la commission. »

Si le procédé de Marsh était toujours appliqué par des savantshabiles et expérimentés, j’admettrais parfaitement l’emploi de ce

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