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Chimie / A. Bouchardat
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242 CHIMIE.

binant au sodium, forme le sel marin, sel haluide, qu’il serait dif-ficile de ne pas considérer comme un sel.

Il appelle, au contraire, sels amphides les sels qui résultent dela combinaison de deux corps binaires, comme un acide avec unoxyde, un sulfure basique avec un sulfure acide, un séléniure ba-sique avec un séléniure acide, etc.

Ceci défini, montrons que les sels haloïdcs se comportentcomme les autres sels, et prenons pour exemple le chlorure desodium. En clfct, dissous dans l’eau ou seulement mis en con-tact avec une petite quantité d’eau, et traité par l’acide sulfurique,il se fait un dégagement d’acide chlorhydrique, et il se forme dusulfate de soude. D’un autre côté, si l’on dissout du chlorure demagnésium, et si à cette dissolution on ajoute de la potasse oude la soude, il se fait un précipité d’oxyde de magnésium, d’où ilfaut conclure que les chlorures offrent des réactions semblablesaux sels seulement quand ils sont en présence d’une petite quan-tité d’eau. Ces propriétés ont fait élever des discussions tendant àprouver que ces sortes de sels dissous devaient ou ne devaient pasêtre considérés comme des combinaisons d’oxydes et d’hy dracides.Mais il ne s’est plus élevé de contestations sur celte question ; sil’eau décompose les sels haloïdcs et les transforme en oxydes d’hy-dracides, depuis qu’il a été prouvé que le sel marin, par exemple,en supposant que l’eau se décompose par l’affinité du métal pourl’oxygène et du chlore pour l’hydrogène pour former du chlorhy-drate de soude, ne pouvait plus se déposer comme chlorure de so-dium, par la seule cause de la tension de l’eau par l’évaporation.M. Wilson a fourni encore une nouvelle preuve de la dissolutiondes sels haloïdcs comme tels par l’eau, en examinant l’action del’acide bromhydrique sur le chlorure d’or.

Ce qui va suivre s’appliquera plus spécialement aux sels am-phides oxygénés, quoique l’on puisse, dans beaucoup de cas, enfaire l’application à tous les autres sels.

DE LA NEUTRALITÉ DES SELS. — Nous avons vu, en trai-tant de la nomenclature, que les sels étaient neutres, acides oubasiques.

Ce qu’on entend par sel neutre, sel acide, sel alcalin. — Long-temps on a dit qu’un sel était neutre quand sa dissolution nerougissait ni ne verdissait le sirop de violette, que tous ceux quile rougissaient étaient acides ou à l’état de surSel , et que ceuxqui le verdissaient étaient alcalins ou basiques ; mais cette ma-nière de déterminer l’état de saturation d’un sel est très-rare-ment exacte, et il en résulte que souvent on considérait commesel acide ou comme sel basique un sel véritablement neutre. En