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Chimie / A. Bouchardat
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270 CHIMIE.

ACIDE FERROCYANHYDRIQUE. ( Acide prussiano-ferrhydri-que). — Il a cté découvert par Porret ; on l’obtient en traitant àfroid le Pilou de Prusse pur par dix fois son volume d’acide chlo-rhydrique concentré, on en dissout dans l’alcool le précipité sec,et on évapore la dissolution alcoolique. Formule — H' 1 Cz 6 Az 6 Fe.

FERROCYANURE DE POTASSIUM. (Prusssiatejaune dépotasse,prussiano-ferrure de potassium = C C Az s Fe 2 K 3 Aq.) C’estun sel très-important qu’on emploie dans plusieurs industries. Onl’obtient en grand en mêlant des substances azotées, telles que lesang, la corne, avec de la potasse, et en calcinant le mélange ;on dissout dans l’eau la masse calcinée, on lessive avec soin lerésidu; la solution contient du cyanure de potassium. Sous l’in-fluence de la potasse et de la chaleur, les éléments des matièresanimales se sont désunis pour former des combinaisons plus sta-bles et douées de propriétés antagonistes à la potasse; l’azote etle carbone ont formé du cyanogène qui s’unit immédiatement aupotassium, qui a cédé son oxygène à l’hydrogène des matièresorganiques. On ajoute du sulfate ferreux jusqu’à ce que le cya-nure potassique soit transformé en cyanure ferrosopotassique, ceque l’on reconnaît à ce que le bleu de Prusse qui se forme alorsn’est plus décomposé. On évapore la liqueur jusqu’au point decristallisation ; on sépare le sulfate de potasse qui cristallise lepremier ; on continue l’évaporation ; le cyanure double cristalliseensuite sous forme de prismes tronqués d’une très- belle couleurjaune ; onlcpurilie par plusieurs cristallisations. Il contient 12,85d’eau.

Il est très-employé dans la fabrication du bleu de rrusse.

RLEU DE PRUSSE. ( Bleu de Paris ). — Ce composé remarqua-ble, qui fournit un élément très-utile à la teinture, et qui a servide point de départ à des travaux chimiques de la plus grande im-portance, a été trouvé par hasard dans l’année 1710. Voici com-ment on rapporte l’histoire de cette decouverte : Diesbach, fabri-cant de couleurs, de Rerlin, préparait des laques de cochenillesen précipitant avec de la potasse une décoction de cochenilleadditionnée d’alun et de sulfate de fer ; manquant un jour d’alcali,il en emprunta a Dippel, pharmacien de Berlin , connu par l’huileempyreumatique qui porte son nom. Celui-ci donna du carbonatede potasse qu’il avait employé plusieurs fois à rectifier de l’huileanimale; Diesbach, en faisant usage de ce sel, loin d’avoir unprécipité rouge comme d’habitude, obtint un beau précipité bleu;Dippel, qui eut connaissance, de ce phénomène, soupçonna quela formation du précipité bleu était due à l’action de sa potassesur l’alun et le vitriol, conjecture que l’expérience vérilia. La