decouverte du bleu de Prusse fut dès lors assurée et annoncée parDippcl, dans les mémoires de l’académie de Berlin pour 1710,mais sans l’indication du mode de préparation. Comme alors onne connaissait point d’autres couleurs bleues que l’indigo, celteannonce lit faire beaucoup d’essais; en 1721, Woodward, de lasociété royale de Londres, décrivit le premier procédé pour ob-tenir ce nouveau bleu, qui était devenu un objet très-lucratif decommerce. Ce procédé est encore celui (pie suivent les fa-briques.
C’est Schéele, puis M. Gay-Lussac , qui ont fait connaître la na-ture du bleu de Prusse .
On obtient du bleu de Prusse de deux manières : 1° en pré-cipitant un sel de peroxyde par le prussiate de potasse ( lesdeux sels étant en dissolution), et 2° en précipitant par le mêmeréactif un sel de protoxyde de fer, agitant le dépôt au contact del’air, et le lavant à grande eau. Les deux composés ont le mêmeaspect, mais ne sont pas de même nature.
1° Le premier bleu de Prusse est d'un bleu intense, surtout celuique l’on obtient avec le nitrate. 11 est très-léger, très-divisé, et, àcause de cela, difficile à filtrer. Il commence à se décomposer à 300°.Chauffé en vase clos il donne de l’eau, de l’hydrocyanate et ducarbonate, d’ammoniaque, et il reste dans la cornue une poudrenoire, que les uns considèrent, comme un carbure de fer, et lesautres comme un simple mélange de fer et de charbon. — Par legrillage le bleu de Prusse s’enflamme comme nu pyrophorc, et sechange en peroxyde, en laissant dégager de l’hydrocyanatc et ducarbonate d’ammoniaque. Il est insoluble dans l’eau et dans lesacides faibles. L’acide sulfurique concentré le fait devenir blancsans l’altérer. — L’acide chlorhydrique concentré le décomposeau bout de quelques heures, et le change en peroxyde qui se dis-sout, et en hydrocyanale acide de protoxyde, blanc, et insolubledans l’acide muriatique concentré. — L’acide hydrosulfuriquelui fait éprouver la même décomposition par voie humide, et lechange en sulfure par voie sèche. — Le fer et l’étain métalliques,le protosulfatc de fer et le protochlorure d’étain, le font devenirblanc. — Les alcalis, leurs carbonates et les terres alcalines, le dé-composent; il se sépare du peroxyde (le fer, et il se forme descyanures doubles ferrugineux. — Le deutoxyde de mercure ledécompose complètement avec formation de cyanure de mercure.— Ce bleu de Prusse est composé de 3 atonies de ferrocyanogèncet de 4 atomes de fer; c’est un ferrocyanide de fer.
2° Second bleu de Prusse . —D’après les expériences de M. Ro-biquet, le prussiate blanc que l’on obtient en précipitant un sel