FERRICYANURE DE TOTASSIUM. 273
très-solide à l’air, à la lumière et aux acides , mais qui, malheu-reusement , ne résiste pas autant au savon, et nullement à l’actiondes lessives. La difficulté que l’on éprouvait à se, procurer l’indi-go dans les dernières années de l’empire, suggéra l’idée de leremplacer par le bleu de Prusse . Un prix de, 25,000 francs fut pro-posé par Napoléon , pour celui qui ferait connaître un moyensûr et facile de teindre la laine et la soie avec le bleu de Prusse ,de manière à obtenir une couleur unie, brillante et inaltérable parle frottement et le lavage à l’eau. Une partie du problème fut résoluen 1811, par Raymond père , professeur de chimie à Lyon , savoircelle qui était relative à la teinture sur soie. C’est une découverted’autant plus précieuse , qu’auparavant on ne connaissait aucunmoyen d’obtenir la nuance du bleu Raymond ou bleu Marie-Louisesur soie, car les beaux bleus foncés bon teint se font à la cuved’indigo , mais n’ont jamais d’éclat, et les bleus de ciel qui s’ob-tiennent avec le sulfate d'indigo, ne peuvent pas atteindre le tondu bleu prussiate ; les parapluies sont teints par ce moyen.
Raymond fils , en 1822, compléta l’ouvrage de son père , enindiquant le procédé pour teindre la laine, avec le bleu de Prusse .C’est encore en faisant usage d’un bain de rouille et d’un bain deprussiate de potasse.
FERR1CYANOGÈNE. — Gmelin a découvert une série de com-posés remarquables, dans laquelle on peutadmettre l’existence d’unradical particulier, le ferricyanogène t= C 2 N 2 Fe 2 , qui, en se com-binant avec 6 atomes d’hydrogène, donne naissance à un acidetribasique que nous allons décrire.
Acide ferricyanhydrique (cyanure ferricohydrique). — C’est uncomposé qui jouit de toutes les propriétés acides , et qui corres-pond au cyanure ferrosohydrique, ou acide fcrrocyanhydrique.On le prépare en décomposant par l’acide sulfurique le cyanureferricoplombique. On obtient une liqueur rouge, qui, par uneévaporation spontanée , cristallise en aiguilles jaunes brunâtres.Cet acide, ou le double cyanure ferricopotassique, est le meil-leur réactif que l’on puisse employer pour distinguer l’oxyde fer-reux; car une liqueur qui contient la plus petite quantité d’oxydeferreux, précipite, par ce réactif, en vert ou en bleu; les dissolu-tions d’oxvdes ferriques ne sont point précipitées.
FERRICYANURE DE POTASSIUM. — Prussiate rouge de potas-siumfcyanureferrico-potassique ).— On dissout du prussiate jaune(le potasse dans l'eau, et on y fait passer un courant de chlore,jusqu’à ce que la dissolution ne précipite plus le sel ferrique. Ilfaut peu de chlore pour arriver à ce point. Ce sel cristallise sousforme de beaux cristaux , sans eau, rouge-rubis, assez volumi-