AIR CONFINÉ. 290
dans une espace également eonliné ; 2° l’air sera al 1ère par suitede miasmes ou de gaz délétères, comme cela arrive dans les paysmarécageux et dans les salles d’hôpitaux.
DE L’AIR CONFINÉ. — Le premier chimiste qui se soit occupéavec succès delà question de l’air confiné, c’est Lavoisier . 11 signaledes différences de composition dans l’air, lorsque celui-ci est con-tenu dans des enceintes fermées où un grand nombre d’individusont séjourné pendant un temps assez long.
Lavoisier cite deux expériences dans une salle d’hôpital et deuxautres dans une salle de spectacle; les proportions d’acide carbo-nique qu’il a reconnues dans ces diverses circonstances sont com-prises entre 1 1 /2 et 3 p. 100. Il signale le premier l’acide carboni-que non seulement comme un gaz irrespirable, mais irritant etmême délétère à dose peu élevée.
Lavoisier n’hésite pas à attribuer à l’acide carbonique le malaiseque l’on éprouve souvent dans les salles d’assemblées nombreu-ses, malaise que l’on attribue généralement à la chaleur; il établitpar des expériences faites sur des animaux plongés dans des at-mosphères limitées, que les effets observés doivent être attribuésà l’action plus ou moins prolongée de l’acide carbonique à doseinsuffisante pour asphyxier, et non a l’affaiblissement de la pro-portion d’oxygène, si toutefois on ne dépasse pas certaines li-mites.
M. Leblanc s’est occupé dans ccs derniers temps avec beaucoupde soin de la question de l’air confiné ; je vais donner ici les con-sidérations générales et les conclusions pratiques qui découlentde scs expériences.
1° Plusieurs causes peuvent contribuer à rendre insalubre uneatmosphère limitée, mais il faut reconnaître comme un fait d’ex-périence que la proportion d’acide carbonique , dans les lieuxhabités et fermés, presque toujours appréciable, croît avec ledegré d’insalubrité, et peut en fournir, pour ainsi dire, la me-sure. Plus la dose d’acide carbonique s’élève, plus la nécessité du| renouvellement de l’air doit être considérée comme prochaine.Lorsque cette proportion atteint 1 pour 100 par les effets de la res-piration , le séjour des hommes dans une pareille atmosphère nesaurait se prolonger sans exciter bientôt une sensation de malaiseprononcée ; la ventilation devient indispensable, si l’on veut que, 1® respiration retrouve ses conditions normales ; toutes choses
étant égales d’ailleurs, il ne semble pas douteux que la seule' présence de l’acide carbonique à cette dose dans des lieux fermés,puisse exercer une influence sensible sur l’organisme, surtout sicette action se prolonge pendant quelque temps.