300 CHIMIE.
La pureté de l’air dans une enceinte ventilée peut ne pas dé-pendre uniquement de la quantité qui afflue dans un temps donné;le mode d’accès et de sortie de l’air, par conséquent sa distribu-tion doit avoir une influence sur son état chimique ; le systèmede ventilation conçu sur les bases les plus larges et qui opéreraitla purification la plus complète, est celui où l’air expiré serait en-traîné par un mouvement ascensionnel qui lui interdirait tout re-tour vers là zone de respiration. Tel paraît être le principe qui aguidé les constructeurs anglais dans les dispositions propres àassurer une ventilation efficace à la chambre des communes delàGrande-Bretagne ; les orilices d’accès et de sortie ont été bienplus multipliés qu’ils ne le sont dans nos salles ventilées.
Comme on cherche , en général, à prendre à la température lamoins élevée possible l’air destiné à la ventilation, on aurait in-térêt , sous ce point de vue , à l’aller chercher dans des caveauxsitués au-dessous du niveau du sol.’
La dose de cinq millièmes d’acide carbonique accumulée dansune enceinte par l'effet de la respiration, est une limite qu’il nefaut pas laisser franchir. Pendant l’été, la température étant de20 centigrammes dans la salle, il n’est pas rare que l’assistancerende la ventilation de 16 à 18 mètres cubes insuffisante.
Lorsqu’il s’agit d’enceintes habitées et dépourvues d’appareilsde ventilation ou de cheminées, l’expérience prouve qu’il ne fautpas compter sur un renouvellement très-eflicace de l’air à la fa-veur des jointures des portes et des fenêtres ; le plus souvent ceseffets n’arrivent pas à réduire l’altération à la moitié de ce qu’elleserait dans une capacité rigoureusement fermée, toutes choseségales d’ailleurs. Lorsque l’enceinte fermée ne devra pas êtreventilée, il conviendra donc d’en déterminer la capacité commeil suit. Un dortoir renfermant cinquante habitants, et restantfermé pendant huit heures, devrait avoir 6 X 8 X 60 — 2400 mé-trés cubes, soit environ 50 mètres par individu pour la nuit, etau boutde cetcmpsla ventilationdeviendrait nécessaire. Plusieurssalles d’hôpitaux offrent une capacité qui est loin d’être en rapportavec leur population.
Dans un dortoir mansardé, à la Salpétrière , la ration d’air n’estque de 1 mètre cube 5 c. par individu et par heure ; on pourraitciter un dortoir dans une prison où ce chiffre s’abaisse à 0 nie-tre, 7 c. Telles sont aussi les circonstances où se trouve place il’amphitéàtre de la Sorbonne.
M. le docteur Poumet a montré que la ventilation était insuffi-sante dans les salles des hôpitaux de Paris qu’il a examinées.
En présence des résultats énoncés, la nécessité de l’établisse*