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Chimie / A. Bouchardat
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302 CHIMIE.

manière normale : on peut s’en rendre compte en remarquantque la proportion d’acide carbonique augmente de plus en plus àmesure que l’air inspiré est transporté dans le torrent de la cir-culation , en sorte que , dans les moments qui précèdent son ex-pulsion , nos organes peuvent se trouver soumis au contact d’ungaz notablement plus chargé d’acide carbonique que l’air aspirédans les circonstances ordinaires. L’expérience et le raisonnements’accordent donc pour prouver que nos organes peuvent être in-fluencés par une proportion d'acide carbonique inférieure à uncentième.

Les expériences de ventilation faites sous la direction de M. Pc-clet et indépendantes de toute idée théorique préconçue, assi-gnent le nombre de 0 m. c. à 10 m. c. pour ration d’air à fournirà un homme par heure , si l’on veut maintenir sa respiration dansles conditions accoutumées. C’est là le résultat de nombreux tâ-tonnements , les assistants de l’enceinte ventilée étant établisjuges du manque ou de l’excès d’air sous l’influence de dosagesvariables.

L’analyse nous apprend qu’avec un système de ventilation basésur une ration d’air de 10 à 20 m. c. par heure, et par homme,l’air écoulé de l’enceinte peut encore présenter des proportionsd’acide carbonique comprises entre 2 et 4 millièmes. Tel est lecas île la chambre des députés.

Aucune expérience décisive n’existait encore relativement audegré d’altération de l’air rendu asphyxiable par la combustiondu charbon. M. Leblanc a vu qu’une atmosphère amenée ainsià 3 ou 4 pour 100 d’acide carbonique , devenait subitement mor-telle pour un chien de forte taille , tandis que , pour produire lemême effet, il n’eût pas fallu moins de. 30 ou 40 pour 100 d’acidecarbonique pur. M. Leblanc a fait voir que l'effet étant indépen-dant de la température, la mort précède l’extinction de la bougie.Un kilogramme de braise , et à plus forte raison de charbon, encombustion libre , peut rendre asphyxiable l’air d’une pièce fer-mée de 25 mètres carrés de capacité. Ces résultats ajoutent unenouvelle force aux considérations déjà présentées depuis long-temps par plusieurs savants sur les dangers de certains modes dechauffage, ainsi qu’aux observations de M. Gav-Lussac sur unnouveau procédé de chauffage importe d’Angleterre, et dont leseffets étaient de verser dans l’enceinte échauffée les produits dela combustion du charbon. Non seulement l’atmosphère peut de-venir irrespirable par la formation de l’acide carbonique et ladisparition de l’oxygène , ce qui pourrait faire croire à l’innocuitéde faibles proportions brûlées; mais de phis l’air peut acquérir