Buch 
Chimie / A. Bouchardat
Entstehung
Seite
312
JPEG-Download
 

312 CHIMIE.

points par des émanations souterraines, renferment Souvent dansleur sein des masses sélénieuses imprégnées de soufre et souventde sel marin. Les roches ignées constituent la cime des monts,ses flancs sont formes de ces marnes soulevées, altérées et im-prégnées de gypse et de sel marin ; les vallées sont aussi forméesde ces mêmes marnes.

Or, au fond de ces vallées, non seulement près (les cours d’eau,mais aussi sur le flanc (les collines et même à une certaine éléva-tion, règne la mal aria, au point de frapper annuellement unegrande partie des habitants, non seulement de lièvres intermit-tentes opiniâtres, mais' quelquefois aussi de lièvres pernicieuses.

M. Savi est conduit à repousser les hypothèses qui attribuentl’insalubrité aux changements brusques de température, à l'humi-dité, etc., attendu que d’autres localités placées dans des circon-stances très-défavorables à cet égard 11 e subissent pas les influen-ces morbides.

Il s’arrête à une autre opinion existant déjà en Toscane , qui,bizarre au premier abord, lui paraît n’être pourtant pas privéede quelque fondement. On dit que ces terrains, après avoir étédesséchés par les chaleurs de l’été, recevant l’action des eauxpluviales, éprouvent une espèce de fermentation, que la terrebout (ribolle), comme on dit communément, et qu’en consé-quence de cette ébullition, il se dégage des miasmes délétères,source des maladies, et particulièrement des lièvres intermitten-tes. Ce qu’il y a de certain, c’est que les maladies ne commencentou du moins ne deviennent communes qu’après les pluies ou lesinondations; plus il y a d’alternatives (1e chaleur et de pluie dansune année, plus les ravages des fièvres se font sentir; c’est là unfait acquis à l’expérience , qu’aucun habitant des maremmes nevoudrait nier ; il est cité, d’ailleurs, par plusieurs auteurs, notam-ment par le célèbre Brocchi.

Il est également avéré que ces circonstances favorables au dé-veloppement des lièvres, s’appliquent non seulement aux terrainsmarécageux, mais aussi à certains terrains dépourvus de marais, |tels que ceux du pays de Volterra .

Au lieu de dire, comme cela arrive souvent, que les influencesmorbides sont dues au mélange des eaux pluviales et des eauxstagnantes, il serait donc plus rationnel de dire qu’elles sont ducsà l’action des eaux sur certains terrains desséchés.

M. Savi examine ensuite le fond des marais malsains ; il com-mence par faire remarquer que tous les marais ne paraissent pascapables de développer des miasmes nuisibles ; de là la distinctionnécessaire entre les marais malsains et les marais indifférents. H