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Chimie / A. Bouchardat
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GAZ DÉLÉTÈRES. 311

au contact du soufre, qu’il peut en révéler une partie en solutiondans trois millions de parties d’eau. La principale condition dusuccès, pour ces expériences, c’est que la plaque d’argent quel’on expose à l’air ou à l’eau , où l’on veut constater la présenceou absence du soufre , soit parfaitement décapée , et ne présentepas la plus légère tache. Comme moyen de constater la quantitéd’hydrogène sulfuré dans les eaux minérales, l’argent est biencertainement le meilleur réactif, car toute l’augmentation depoids qdc prend l’argent peut représenter une égale quantité desoufre pur.

Les expériences de M. Gardner furent faites avec des pièces demonnaie de différentes grandeurs qui avaient été parfaitementpurifiées, puis percées d’une ouverture, afin de pouvoir lessuspendre au moyen d’un fil, et trente furent ainsi placées dansdifférons cours d’eau d’où l’on soupçonnait que se dégageaientdes miasmes marécageux, et dans un cercle dont le diamètre avaità peine sept milles. Au bout de vingt-quatre heures , deux de cesmonnaies étaient déjà tachées , quelques-unes ne le furent qu’aubout d’un mois, et celles surtout qui étaient suspendues dansI l’air. Le résultat général de ces expériences fut que les eauxstagnantes des marais contenaient une bien plus grande quantitél de gaz hydrogène sulfuré que les rivières. Ainsi, il fallut cinqj semaines pour qu’une pièce de monhaie suspendue dans le Buffalooffrit une légère tache sulfureuse, tandis qu’une pièce suspenduedans l’air, à dix-huit pouces au-dessus du sol d’un marais remplid’eau stagnante, était tachée au bout de huit jours.

Je vais actuellement donner un extrait du mémoire de M. P.Savi.

Il est généralement connu que plusieurs parties de l’Italie mé-ridionale sont affligées du fléau désigné dans le pays sous les nomsde cattiv’ aria ou mal aria (mauvais air), le langage ordinaireparaissant ainsi attribuer les effets morbides à la constitution del’atmosphère dans ces localités. L’examen des causes d’insalubritéde diverses régions du sol toscan a déjà préoccupé plusieurs sa-vants , et M. Savi a cherché de son côté à éclairer une questionaussi importante.

M. Savi commence par rechercher les causes d’insalubrité desvallées basses des environs deVolterra où l’absence de marais nepermet pas l’hypohtèsc la plus commune sur l’origine de l’insa-lubrité. Ce pays présente en effet un terrain formé par des dépôtsniarins très-étendus d’époque tertiaire, lesquels sont composésen grande partie de marnes argileuses grises ; ces terrains soule-vés sur plusieurs points par les roches ignées, altérés sur d’autres