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Chimie / A. Bouchardat
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324 CHIMIE.

binets , l’eau sortait au contraire (lu filtre dans un état de Saletéextrême. Pour le dire en passant, les malades témoins de l’opé-ration, ex r surprise en voyant, à quelques

secondes itaine fournir, tantôt une épaisse

bouillie jaunâtre, et tantôt de l’eau claire comme du cristal.

» Ajoutons en terminant, que depuis plus de six ans, l’appareilde filtration deM. de Fonvcille, fonctionne à l’Hôtel-Dieuavcc unplein succès.»

FILTRATION ET DÉPURATION DES EAUX AU CHARBON. —Quand des eaux destinées à servir de boisson , ont une odeur fé-tide par suite de la décomposition putride des matières organi-ques , la liltration à travers des couches de sable, peut bien leur jdonner de la limpidité, mais elles conservent toujours leur odeuret leur saveur désagréable, et elles sont toujours malfaisantes.Lowitz fit la remarque très-importante, que le charbon végétalconcassé, jouissait de la propriété d’enlever aux substances ani-males et végétales qui se putréfient, leur odeur et leur saveurdésagréable. :

Peu de temps après, en 1800, MM. Smith et Ducommun, faisantapplication de ce principe, établirent (les filtres-charbon pour laclarification et la désinfection des eaux corrompues, croupies etfétides. Dans les expériences faites devant les professeurs de l’écolede médecine et les commissaires de l’Institut, on eut la preuve queces filtres rendaient potable et saine de l’eau de marc dans laquelleon avait fait macérer des débris d’animaux.

En 1803, Berthollet nous a appris qu’en charbonnant l’intérieurdes tonneaux , l’eau pouvait s’y conserver pendant long-tempssans contracter aucune mauvaise odeur, et c’est ce qui a été con-firmé par les navigateurs dans des voyages de long cours.

Halle et Vauquelin, qui firent un rapport sur les propriétésdésinfectantes des filtres de charbon, remarquèrent bien quelorsque les eaux sont très-putrides, la vertu absorbante du char-bon se détruit bien vite ; c’est à peine si on parvient à désinfectercomplètement un poids d’eau égala 20 fois celui du charbon, maisil faut reconnaître que rarement on a à opérer sur des eaux aussicorrompues, et le charbon se montre souvent efficace après avoirdépuré mille fois son poids d’eau possédant, avant son action, uneodeur sensible.

Hallé et Vauquelin remarquèrent également que des eaux pu-trides qui avaient perdu complètement leur odeur et leur saveur,en passant sur des filtres de charbon et de sable, n’étaient pasprivées pour cela de toutes les matières organiques qu’elles con-tenaient et qu’elles se putréfiaient de nouveau après quelques jours.