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Chimie / A. Bouchardat
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FILTRATION ET DÉPURATION DES EAUX. ,125

J’ai fail, sur ce point important, de la dépuration des eaux lê-tidcs, des expériences et des observations (pie je crois digues d’êtrerelatées.

Dans des expériences que j’exécutais avecM. le docteur T. Du-connnun, en 1839, j’ai recueilli (le l’eau dans l’égout Saint-Jac-ques , son odeur était infecte, sa saveur détestable; elle fut iillréeà travers un libre ordinaire de sable et de charbon, l’eau élaitdégagée de son odeur et de sa saveur prutrides ; mais en l'exa-minant avec soin, on apercevait encore quelques lloeons de ma-tières organiques nageant dans cette eau. Après douze heures,elle commença à se troubler; après vingt-quatre heures, elle avaitrepris en grande partie son odeur et sa saveur putrides. Dansune seconde expérience, l’eau infecte fut dépurée par un libreparfaitement monté; elle fut privée de toute odeur et de toutesaveur putrides, et sa transparence était parfaite; examinée aprèsdouze jours de conservation dans un flacon bouché à l’émeri, àune température variant entre 15° et 22° cent., elle ne s’est pastroublée, et n’a pas repris son odeur et sa saveur primitives; ce-pendant elle contenait encore en dissolution une assez grandequantité de matières organiques, dont on pouvait facilement dé-celer la présence au moyen d’une dissolution de tannin ou de bi-chlorure de mercure.

Je reviendrai bientôt sur cette eau que j’ai observée avec soindepuis cinq ans; mais je dois dès à présent insister sur un fait re-marquable qui ressort de la comparaison de ces deux observa-tions, et que mes recherches sur les ferments alcooliques ontmontré être plus général.

Dans les deux expériences (pie j’ai rapportées , j’agissais surla même eau. Dans les deux cas, toute odeur et toute saveur pu-trides avaient été enlevées par le libre de charbon ; dans les deux-cas l’eau contenait encore en dissolution une quantité très-nota-ble de matières organiques azotées, et cependant une de ces eauxs’est corrompue rapidement et l’autre ne s’est point altérée. Laseule différence; la voici: l’eau qui s’est bien conservée était d’unelimpidité parfaite, les matières inertes du filtre avaient retenutoutes les substances organiques en suspension; l’eau qui s’estputréfiée de nouveau retenait encore des lloeons de matières orga-niques en suspension qui ont agi comme de véritables fermenlsputrides.

Voici une expérience qui vient encore nous montrer l'influencedes matières organiques insolubles.

Je laissai se putréfier dans de l’eau des matières animales ; quandcette eau eut acquis une odeur infecte et une saveur détestable,