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Chimie / A. Bouchardat
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326 CHIMIE.

je la filtrai sur un filtre an charbon monté avec le plus grand soin ;je la séparai dans deux flacons : dans l’un je ne mis rien et l’eauresta sans sc corrompre ; dans l’autre j’ajoutai une dissolution detannin et après 18 heures l’eau avait repris tonte sa fétidité. Letannin, en agissant sur les matières animales dissoutes, avait dé-terminé la formation d’un précipité qui s’est comporté comme unvéritable ferment putride.

Revenons maintenant à l’examen des divers échantillons d’eauque j’ai conserv és dans des flacons de verre bouchés à l’émeri, de-puis le 8 octobre 1839.

1° J’avais d’une part de l’eau de l’égout de la rue Saint-Jac-ques qui, .avant la filtration sur les couches de sable et de charbon,avait une odeur repoussante; après cette opération sa limpiditéétait absolue, et sa saveur n’avait rien de désagréable : c’était delionne eau potable qui, quoique retenant encore beaucoup de ma-tières organiques en dissolution, resta plus d’un mois sans perdresa limpidité ; peu à peu il apparut dans celte eau quelques floconsd’une matière verdâtre qui tapissèrent la plus grande partie duflacon et qui sc recouvrirent de bulles de gaz : j’ai reconnu depuisque ces flocons verdâtres étaient identiques à ceux qui ont été exa-minés dans des conditions analogues par MM. Auguste et CharlesMorrcn ; ils étaient formés par le chlemidonas pulvisculus(Klirhcn), par d’autres animalcules et par des débris d’alguesdisposés symétriquement sur lesquels ces animalcules repo-saient. J’ai constaté que le gaz qui sc développait dans cetteeau contenait 52 pour 100 d’oxygène. Elle est aussi bonne aujour-d’hui que le premier jour après sa filtration.

2° J’avais, d’autre part, de l’eau qui avait pris une odeur in-fecte par suite de la macération de viande putréfiée; elle fut fil-trée avec le plus grand soin sur le lillre de sable et de charbon,sa était absolue et sa saveur n’était pas désagréable;

pendanl les six premiers mois elle resla limpide, quoiqu’elle con-tenait beaucoup de matières albumineuses solubles; il se formapeu à peu à sa surface, quelques flocons blanchâtres qui finirentpar s’agglomérer en une membrane nmcilagineuse, demi-transpa-rente, composée d’algues microscopiques, mélangées d’infusoireségalement microscopiques. Aujourd’hui, après 5 ans de conser-vation, la saveur de cette eau n’est pas désagréable.

3° Dans une dernière série d’expériences, j’avais fait macérerdans de l’eau de la chair putréfiée et des œufs, l’eau infecte quien résulta fut parfaitement filtrée et dépurée sur un filtre sableet charbon; sa limpidité était également absolue; mais, aprèsdeux mois de conservation elle sc troubla, il s’v forma peu à peu