PEINTURE SUR VERRE. 339
VERRES D’OPTIQUE. — M. Faraday a public un beau travailsur le verre, d’optique ; il a très-bien énuméré toutes les difficultésqui se présentaient pour avoir un verre parfait.
Le verre qu’il a principalement travaillé, et qui, tout en possé-dant la force de dispersion nécessaire pour lui faire remplacer lejlint fflass, avait aussi une fusibilité qui pût permettre le mélangeintime, était un borate de plomb silicate consistant en simplesproportions de silice, (l’acide borique et d’oxyde de plomb. Lesmatières sont d’abord purifiées d’une manière toute particulière,puis mélangées, fondues, converties en verre brut, qui est ensuiteaftiné et recuit dans une cuvette en platine. Pour que le verre soitbeau, il faut qu’il satisfasse à deux conditions, toutes deux d’unegrande importance : l’une, qui est la plus essentielle, c’est l’ab-sence de stries et irrégularité de composition; l’autre est d’êtretout-à-fait exempt de bulles. La première s’obtient par l’agitationet le mélange parfait des parties, car par le repos le verre fondu sesépare en couches de densités différentes qui forment des strieslorsqu'elles sont mélangées ; la seconde condition s’obtient par lerepos, de sorte que les moyens requis pour réunir ces deux pointssont directement opposés. Après avoir fortement brassé avec uninstrument particulier en platine pour séparer rapidement lesbulles, on imagina l’ingénieux moyen de verser dans le verrefondu du platine en éponge pulvérisé, qui en se précipitant faci-lite singulièrement le départ des bulles.
Avant d’appliquer le verre aux besoins de la chimie, il faut l’es-sayer. La meilleure épreuve à laquelle on puisse le soumettre est•l’y faire bouillir de l’eau régale pendant quelques heures et del’évaporer à siccité, après quoi on lave le verre et on le laisse sé-cher; lorsqu’alors il ne présente point de taches, on peut le re-garder comme de lionne qualité.
PEINTURE SUR VERRE. — Les premiers essais de peinture surverre ont été faits en France . Quelques-unes des vitres de la ca-thédrale d’Angers et celles de l’église de Saint-Denis passent pourles plus anciennes : elles datent de 1140. La plupart de ces pein-tures sont remarquables par la naïveté du dessin, la finesse etl’éclat des draperies, et la vigueur du ton. Le xm e siècle vit s’é-lever, en France , des monuments remarquables, au premier rangdesquels il faut placer les deux rosaces de Notre-Dame de Paris ,ainsi que les admirables vitraux de la Sainte-Chapelle . Saint-Louisavait fait construire cette église avec la plus rare magnificence,pour y déposer les restes des instruments qui avaient servi à lapassion de Notrc-Seigneur Jésus-Christ. C’est dans le xvi e siècleRue la peinture sur verre a été portée au plus haut point de splcn-