rOTERlES, PORCELAINES, ETC. 345
L'appréciation des qualités de la chaux hydraulique ou du ci-ment que peut fournir une substance calcaire donnée, peut sefaire par l’analyse chimique avec plus de célérité et plus exacte-ment peut-être que parles moyens directs; mais pour cela, ondevra abandonner la méthode ordinaire, qui consiste à séparerl’argile du carbonate parmi acide, et à l’attaquer par la potasse,car on réduirait alors en silice gélatineuse des parties quart-zeuses qui ne sont pas susceptibles d’entrer en combinaison; ilfaudra convertir immédiatement en chaux ou ciment 99 grammesde la matière, préalablement réduite en poudre très-line, s’as-surer qu’il ne reste plus d’acide carbonique et dissoudre le toutdans un excès d’acide chlorhydrique; le résidu non attaqué, s’ily en a un, donnera la quantité de silice, ou d’argile non combi-née, et ne pouvant conséquemment concourir que faiblement àl’hydraulicité de la chaux ou du ciment. Le reste de l’analyses’effectuera comme à l’ordinaire.
POTERIES , PORCELAINES, GRÉS, TERRE DE PIPE, BRIQUES.— On nomme poteries tous les objets préparés avec des argilessoumises à l’action du feu. M. le duc de Luyncs a publié un ex-cellent mémoire sur les poteries antiques qui va nous servir deguide dans la partie historique.
L’art céramique est sans doute un des plus anciens de tous; in-venté à plusieurs époques et par des nations séparées, ilétaitconnudes peuples de l’Asie dans des siècles très-reculés. Les Grecs lereçurent beaucoup plus tard; long-temps ils ignorèrent la briquepour les constructions et conservaient les liquides dans des vasesde bois. Les Celtes et les Germains apprirent probablement la po-terie des colonies grecques ou romaines; avant ils buvaient dansdes pierres creusées, des coquilles ou des crânes. Malgré l’époquerécente que l’on assigne à l’introduction de la poterie dans laGrèce , elle y atteignit rapidement une perfection qui démontrebien l’in! clligencc de ceux à qui elle avait été enseignée. Elle pré-céda la plastique, puis s’en empara pour embellir les formes; enfinelle appliqua le dessin à son vernis pour en tirer les ornementsles plus délicats et les sujets les plus beaux. Si la porcelaine denos fabriques surpasse les vases grecs par sa dureté et sa facultéde recevoir toutes les couleurs, elle n’atteint certainement pas lamême pureté de contours et la même grâce dans les décors.
Les poteries antiques se divisent en plusieurs classes : grecques,étrusques, romaines, égyptiennes. Les trois premières se rap-portent presque exactement à notre faïence, sauf la différence del’émail qui, chez les anciens, n’avait jamais pour base l’oxided’etainni le sulfure de plomb. Les Étrusques fabriquèrent des