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Chimie / A. Bouchardat
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346 CHIMIE.

terres noires enfumées, et les Romains des vases d’un rouge très-foncé assez analogues aux terres de W’edgcvood, mais ils leurfirent subir une cuisson Rien moins forte. L'art céramique desÉgyptiens parait avoir été spécialement consacré à la fabricationd’idoles, d'amulettes et de. scarabées ; ils y employaient une pâteblanche, à cassure concboïde, qui se rapprochait de notre porce-laine; l’émail on était très-vitreux et luisant et coloré en bleu ouen vert par l’oxyde de cuivre. La vaisselle égyptienne était de terregrossière, de bois, de verre, de cuivre ou de métaux précieuxémaillés ou niellés.

Dès que les vernis furent inventés, on se bâta de lesaux vases, car on sentit promptement l’avantage d’une couchemince qui prévenait toute pénétration par les liquides. Les pre-mières couvertes furent générales. Le noir fut préféré par un mo-tif que nous allons faire connaître.

Soit dans les produits volcaniques, soit dans beaucoup d’autrescombinaisons naturelles, l’oxyde noir de fer s’offrait abondam-ment sous diverses formes, toujours colorant, toujours très-fusi-ble avec les corps vitreux. C’est lui qui dut se mêler d’abord avecles fondants employés pour former la couverte; on l’adopta, ettous ses avantages justilièrent suffisamment ce choix. L’analysechimique du noir des vases antiques confirme pleinement cettethéorie, et, bien que les fondants ne soient véritablement connusque par les compositions telles que Pline et Vitruve les décrivent,le principe colorant du vernis a pu être facilement séparé. LesGrecs adoptèrent l’oxyde de fer parce que la nature le leur four-nit de toutes parts, de meme que les Égyptiens choisirent celuidu cuivre à raison de la rareté des autres. Les retouches en blanc,rouge et jaune mat sont faites avec des produits naturels. Le blancest une alumine, blanche appelée vulgairement terre de pipe; lerouge n’est que l’oxyde rouge de fer, le jaune un ocre. 11 y entrepeu ou point de fondants ; aussi boivent-ils tous l’eau dont on lesbaigne; il en est de meme de la couverte blanche de plusieursvases de Locres, de l’Attique et de Tarquinies. Les bleus et lesverts sont tirés des sels de cuivre.

Beaucoup d’incertitudes régnent sur le liquide destiné à étendrela couverte. Les vases étaient peints en sortant des mains du po-tier et encore si frais qu’ils cédaient à l’impression du doigt-Était-ce l’eau, la térébenthine ou l’huile dont on faisait usage?Ces deux derniers corps ne pouvaient guère s’accorder avec l’hu'nudité de la pâte ; pourtant il n’est pas impossible de s’en servir-

La couleur s’appliquait très-facilement, avec hardiesse et sû-reté; elle écaillait rarement par la cuisson. Quelques couvertes