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Chimie / A. Bouchardat
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380 CHIMIE.

leurs parties ; dans d’autres plantes elles ne se trouvent (pie dansles corolles, ou dans les feuilles, ou dans la racine, ou dans l’é-corce; et quelquefois differentes parties de la ineine plante ren-ferment des huiles volatiles différentes. Ainsi le citrus aurantiumparaît renfermer trois espèces d’huiles volatiles : 1° une dans lesfleurs; 2° une dans les feuilles; 3° une dans le zeste des fruits.Dans quelques plantes les huiles volatiles sont renfermées dansdes utricules particulières, et on peut dessécher ces plantes sansque l’huile se dissipe; dans d’autres elles se forment constamtment à la surface des corolles vivantes et se volatilisent à mesurequ’elles sc produisent.

Préparation. — On extrait les huiles volatiles par divers procé-dés. 11 en est un petit nombre qu’on peut extraire par expression.Dans les fruits de auriantacées on sépare les zestes, on les ex-prime; l’huile s’écoule de l’écorce en meme temps que le suc etvient nager à la surface. Les huiles ainsi préparées sont três-suaves, mais ne sont point pures.

Les huiles volatiles s’obtiennent ordinairement par distillation;à cet effet on introduit la plante dont on veut extraire l’essencedans un alambic; on verse de l’eau dessus et on distille celle-ci;l’huile volatile passe en meme temps que l’eau. Les huiles essen-tielles sont moins volatiles que l’eau; maispendantl’ébullition, ellesse vaporisent dans la vapeur d’eau formée ; lorsque la vapeur com-posée d’huile et d’eau se conense dans le réfrigérant de l’appareildistillatoirc, l’huile se sépare en grande partie de l’eau et va à lasurface ou au fond de l’eair distillée. Quelques essences ayant unpoint de volatilisation plus élevé, on remplace l’eau par une so-lution saturée de sel qui ne bout qu’à 109°.

Le produit de la distillation qui s’écoule du serpentin est ordi-nairement reçu dans des récipients florentins ; ce sont des fla-cons coniques, larges au fond, étroits au haut et munis d’unetubulure immédiatement au-dessus du fond. L’eau distillée s’é-coule par cette tubulure , et l’essence vient nager à la surfaceétroite de. flacon. On peut ainsi rassembler dans un très-petit es-pace le produit d’une longue distillation.

Pour extraire l’essence des plantes qui n’ont pas de vaisseauxparticuliers pour l’huile, et à la surface desquelles celte dernièresc vaporise de suite, telles que les violettes , le jasmin, la hya-cinthe et la tubéreuse, on a recours à un autre procédé. On faitdes lits alternatifs de fleurs fraîches et de coton ouaté, préalable- iment trempé dans une huile grasse, pure et inodore ; et dès q« eles fleurs ont abandonné toute leur huile volatile, qui est absor- ibée par l’huile lixe dont le colon est imbibé, on les remplace par