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Chimie / A. Bouchardat
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432 CHIMIE.

formes coniques, en terre, humectées, percées à leur sommetdun trou quon tient bouché avec un tampon de linge. Au bout dequelques jours la cristallisation est terminée. On fait alors écoulerle sirop incristallisable. En remplissant exactement toutes lesconditions de détail indispensables, on obtient, selon M. Blan-quet, 5 p. 0/0 de beau sucre, 21/2 de mélasse; mais si la bette-rave est plus ou moins altérée, si elle a accompli sa végétationdans un terrain fumé avec une proportion exagérée dengrais,alors lopération suit une marche très-irrégulière ; une mauvaisedéfécation ne laisse plus de certitude sur la bonne marche dau-cune des opérations suivantes, et, chose remarquable, lactiondécolorante du noir est presque nulle. Les conditions capitalesdune bonne fabrication sont donc la conservation des racines etla réussite de la défécation, et malheureusement ces conditionssont des problèmes à résoudre.

M.Pclouze a vu que, contrairement à lopinion généralementadmise, les betteraves ne contenaient point de sucre incristalli-sable, que ce dernier résultait toujours de la décomposition dusucre cristallisablc pendant la fabrication. 11 a ensuite déterminéles quantités de sucre contenues dans plusieurs variétés de bet-teraves. Il a conclu quelles devaient contenir ordinairement0,10 de sucre cristallisablc, et cependant on nen obtient que0,05 dans les plus heureuses opérations.

Raffinage du sucre de canne ou de betteraves. Voici le pro-cédé généralement suivi : on dissout le sucre tantôt dans leau dechaux, tantôt dans leau ordinaire, à laide de, la chaleur; et,quand la dissolution est à 05°, on ajoute du charbon animal enpoudre line, provenant des fabriques de sel ammoniac, ou de ladistillation sèche des os; on en emploie depuis 4 jusquà Opour 100 du poids du sucre. On chauffe le mélange jusquà lébul-lition, quon entretient pendant une heure; après quoi on liltrela liqueur bouillante à travers une étoffe de laine. Dès que laliqueur fdtréeest refroidie jusquà 40°, on la mêle avec du blancdœuf bien délayédans leau; le blanc de quarante œufs suffit po ,ir500 kilogr. de sucre. On chauffe de nouveau jusquà lébullition,puis on éteint le feu. Le blanc dœuf se coagule et vient nagerala surface; d on lenlève après avoir laissé reposer le li-quide pendant trois quarts dheure. Le sirop ainsi clarifié estconcentré par lébullition jusquà ce quil aitassez de consistance.On le verse ensuite dans les rafraîchissoirs, puis dans les for-mes.

Au lieu de blanc dœuf on emploie généralement dans lesgrandes villes le sang de bœuf; quelquefois, au lieu dajouter du