noir animal, on filtre le sirop bouillant sur des filtres montésavec du noir animal granulé. On chauffe généralement au moyende la vapeur ; on peut, par ce mode, beaucoup mieux dirigerl’emploi de la chaleur, et, à l’aide de robinets, l’arrêter ou la mo-dérer à propos. Pour évaporer le sirop, Howard considérant lesinconvénients de la chaleur qui s’élève à 110° et qui rend unepartie du sucre incristallisablc, a proposé de l’évaporer dans levide, et cette pratique fournit les plus heureux résultats.
Propriétés. — Le sucre de canne cristallise en prismes obliquesà quatre pans terminés par deux facettes ; sa densité est de1,005; il est phosphorescent par le frottement dans l’obscurité.Chauffé jusqu’à se fondre, il ne diminue pas de poids ; cependantil retient de l’eau combinée. Cette eau s’élève à 5,33 p. 100; elleabandonne le sucre lorsqu’il s’unit à l’oxyde de plomb. A la dis-tillation séché, le sucre donne de l’eau acide mêlée d’huile oin-pyreumatique et un mélange de 3 parties de gaz carbure d’hydro-gène, de gaz hydrogène et oxyde de carbone, avec un 1 p. d’acidecarbonique. Le sucre se dissout en toute proportion dans l’eau ;la dissolution d’une partie (le sucre dans 1/2 p. d’eau constitue lesirop simple. L’acool le dissout d’autant plus difficilement qu’ilcontient moins d’eau; la dissolution saturée au point d’ébullitioncrfstalise par le refroidissement de l’alcool ; il n’exige que 4 p.(l’alcool à 0, 83 pour se dissoudre à l’aide (1e l’ébullition. Le sucreà la température ordinaire est inaltérable à l’air, même à l’étatdissous, quand il est pur ; mais, quand on le chauffe pendantlong-temps en dissolution aqueuse concentrée, il éprouve de très-remarquables modifications. MJI. I’elouze et Malagutti ont an-noncé que, par une longue ébullition, il se transformait en sucremamelonné. M. Soubeiran, en étudiant l’action d’une dissolu-tion de sucre sur la lumière polarisée, a fait plusieurs remarquessmportantes. 11 résulte de ses expériences, qu’une solution deiucre de canne, échauffée à l’abri de l’air et soumise à la seuleinfluence de la chaleur, éprouve des changements qui se succè-dent avec régularité : 1° le pouvoir de rotation vers la droite,propre au sucre de canne, diminue de plus en plus et linit pardevenir nul; 2° à partir de ce point, le sens de rotation du siropmarche vers la gauche, et atteint un maximum qui, dans l’expé-rience où il s’est montré le plus fort, s’est trouvé de — 24° poul-ie rayon jaune moyen, et pour une longueur de 100 millimètres ;3° la déviation à gauche baisse à son tour, et le pouvoir (le rota-tion devient encore une fois nul ; 4° le sirop prend encore unelois une rotation en sens inverse ; il marche de plus en plus versla droite ; 5° ces changements sont d’autant plus prompts que le
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