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Chimie / A. Bouchardat
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462 CHIMIE.

théorie de la digestion, a été, sans contredit, celle de la produc-tion du chyle. C’était une de ces observations capitales, qui frap-pent les yeux, qui commandent l’attention. Aussi bientôt, en ob-servant le cours du chyle, en examinant ses propriétés physiques,en étudiant superficiellement sa composition chimique, on pensatenir la clé de toute la théorie de la digestion; on crut pouvoirsuivre la circulation de la matière alimentaire, comme Harveyavait suivi le cours du sang.

» En ell'ct, on tient une substance ressemblant beaucoup pourses propriétés physiques et sa composition chimique, à l’alimentnormal le lait; on voit cette substance puisée dans l’appareil di-gestif, et de là, transportée par des vaisseaux spéciaux dans l’ap-pareil circulatoire. De l’observation de ces faits incontestables, iln’y avait qu’un pas a faire pour arriver à cette conséquence : lesaliments sont d’abord transformés en une sorte de bouillie lechyme, puis ce chyme se sépare eu deux parties, les fèces quisont rejetées au dehors, et le chyle qui versé dans le sang , vacontinuellement réparer le liquide nourricier.

» Cette théorie de la digestion, généralement admise avant nospremières expériences, paraît vraie et simple au premier abord:mais en examinant avec attention les faits de détail sur lesquelselle s’appuie, on rencontre bientôt d’insurmontables difficultés.

■> Si on nourrit des animaux mammifères avec des principesdistincts, tels que sucre, gomme, fécule, gélatine, fibrine,albumine, corps gras ; si on extrait le chyle après l’usage de :

ces aliments spéciaux, on obtient du chyle de deux sortes, i

1° chyle laiteux des matières grasses , contenant outre les prin-cipes ordinaires du chyle, les corps gras ingérés par l’animal ;

2° chyle des substances non grasses ; et ce dernier, quelque soitl’aliment non gras dont l’animal ait été nourri, offre toujours lesmemes propriétés physiques, la même composition chimique.

» Pour admettre que tous les aliments solides se changent ence chyle, il faudrait donc supposer que toutes ces matières setransforment instantanément en fibrine ou en matière albumi-neuse.

» Nous ne sommes plus au temps où ces hypothèses pouvaient Jrégner. i

» En prenant l’expérience et l’observation pour guides, nous j

avons admis deux digestions distinctes, i° celles des aliments :

solubles qui a principalement lieu dans l’estomac, et qui se con-tinue dans le reste de l’appareil digestif; 2° celles des alimentsgris et ou insolubles qui est essentiellement la digestion intesti-nales ; toutes nos expériences nous ont démontré que les matières