BILE . — C’est un liquide très-important sécrète par le foie; ila été examiné par un grand nombre de chimistes distingués,parmi lesquels nous devons citer surtout MM. Berzélins , Bracon-not, Thénard , Gmelin . Dans cet exposé rapide nous prendronsparticulièrement pour guide les travaux publiés en 1838 par M. De-marçay. Les caractères physiques de la bile, son homogénéité ,sa consistance visqueuse , son extrême solubilité dans l’eau, sonénergie à la retenir ou à s’en emparer, et de plus la propriété re-marquable qu’elle possède de dissoudre les graisses en grandequantité , la rapprochent tellement des savons, que les premiersobservateurs devaient la classer parmi eux.
Dans toutes les expériences qn’on entreprend sur la bile, onvoit partout reparaître une substance douée des mêmes caractèresphysiques et chimiques , donnant toujours par sa décompositionles mêmes produits, peu nombreux et faciles à distinguer. Lors-qu’on relit avec attention les travaux faits sur la bile, on voit re-paraître à chaque instant un acide particulier de la bile, soit isoléet presque pur, comme dans la résine biliaire de M. Berzélius ,soit plus ou moins décomposé , comme dans celle MM. Thénard et Gmelin .
La décomposition de la bile est si simple, si nette, qu’il est im-possible , après l’avoir vue , de ne pas reconnaître, dans la résinebiliaire et la taurine de M. Gmelin , des produits de décomposi-tion ; la bile contient, en outre , une matière grasse très-impor-tante , la cholestérine.
Passons maintenant à la description de l’acide particulier de labile nommée acide ckoléique , et à celle des trois produits de sadécomposition : l’acide cholo'idique, la taurine, Yacide cho -lique.
Acide choléique. — Combiné à la soude, il forme les 9/10esau moins de la bile du bœuf. Quoique séparé aisément decelle-ci, il est difficile à obtenir pur. Voici la manière de lepréparer :
On dissout dans 100 parties d’eau 10parties débile traitée préa-lablement par l’alcool ; on y ajoute 2 parties d’acide sulfuriqueétendues de 10 parties d’eau, et ou fait évaporer dans une capsuleà une douce chaleur. Lorsque la liqueur se trouble, que des goutte-lettes oléagineuses commencent à se montrer à la surface, on lalaisse refroidir, et on l’abandonne pendant huit à dix heures ; aubout de ce temps l'acide choléique s’est séparé sous forme d’unmagma vert, de la consistance de l’huile d’olive ligée. On décantela liqueur, on filtre afin d’en séparer l’acide margarique et la cho-lestérine qui flottent à sa surface, et on fait évaporer de la même
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