INDIGO. 487
ajoute de l’eau de elinux ou de l’acide sulfurique à la liqueurchargée d’indigo pour accélérer la précipitation de celui-ci. Desprocédés analogues ont été récemment suivis en France pour ex-traire l’indigo d’une nouvelle plante iudigotifère qui peut très-bienêtre cultivée dans des prés humides, le polygonum tinctorium.
Nous allons présenter actuellemcut, d’après M. Chevreul, lespropriétés tinctoriales du principe essentiel de l’indigo.
Indigotine. — Cette substance, à laquelle les indigos du com-merce doivent essentiellement leur propriété de teindre les étof-fes en bleu violeté, est remarquable à beaucoup d’égards. Elle estformée de quatre éléments : oxygène, hydrogène , carbone etazote. Elle est susceptible de perdre une partie de son oxygèneet de devenir blanche; c’est dans cet état qu’elle existe dans lesles cuves de pastel, les cuves d’inde et les cuves à froid. Dans lespremières, Pindigotine blanche ou désoxygénée est dissoute parla chaux, l’ammoniaque, et souvent par la potasse; dans lessecondes, elle l’est par la potasse; enfin, dans les cuves à froid,elle l’est presque toujours par la chaux. Mais, pour obtenir unedissolution alcaline d’indigotine blanche, il faut ajouter à l’eau,à l’indigo du commerce et à la base alcaline, qui servent à la pré-parer, une matière combustible capable de prendre de l’oxygèneau principe colorant. Dans la cuve de pastel, la matière com-bustible se compose d’une partie même des principes immé-diats organiques du pastel et de la garance ; dans la cuve d’inde ,elle provient des principes de la garance, et du son qu’on peut yajouter; enfin, dans la cuve à froid, c’est du protoxyde de fer, oubien quelquefois du protoxyde d’étain, ou bien encore du sulfured’arsenic, qui constituent la matière combustible.
Il faut distinguer la cuve où l’indigotinc désoxygénée est unieà la potasse, à la soude, à l’ammoniaque, des cuves où elle l’est àla chaux, sous ce rapport qu’un excès de base dans les premièresne détermine point la précipitation d’une portion de l’indigotineincolore, comme cela a lieu dans les dernières lorsqu’on dépassela proportion de chaux nécessaire pour obtenir le maximum d’in-digotine dissoute ; car alors une portion de cette substance se pré-cipite en combinaison avec l’excès de chaux ; ce fait est donctrès-important à prendre en considération dans la conduite descuves à froid et des cuves de pastel.
Lorsqu’on plonge une étoffe dans une cuve d’indigotine desoxy-génée, il est difficile de dire avec quelque raison, dans l’état ac-tuel de la science, si l’indigotine désoxygénée se porte sur l’étolfeen abandonnant son alcali. Quoi qu’il en soit, si cette combinaisonne s’elîcétue pas, il y a tendance à ce qu’elle se fasse ; conséquent-