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bmaisons insolubles, néanmoins ils ne peuvent également servirde mordant par la raison seule qu’ils ne jouissent d’aucune affi-nité pour les tissus. L’expérience a démontré que de toutes lesbases l’alumine, les oxydes d’étain et de fer réussissent le mieuxcomme mordants ; aussi l’alun, l’acétate d’alumine, l’acétate etle sulfate de fer, l’aluminatc de potasse , les chlorures d’étain,sont-ils généralement employés dans les ateliers.
Nous allons maintenant, en prenant M. Chevrcul pour guide,faire connaître les principales applications de couleurs les plusemployées.
INDIGO. — [ndigotine. — L 'indigo est une matière bleue qu’ontrouve dans le commerce sous forme de petits pains cubiques,d’une belle couleur bleue, à cassure brillante, cuivrée. L’indigose prépare particulièrement aux Indes orientales ; le meilleur estcelui de Guatimala. On rencontre cette matière colorante dans unétat particulier bien différent de celui où elle constitue l’indigodans plusieurs familles de plantes , les légumineuses, les apocy-nées, les crucifères, les polygonées ; mais on la retire particuliè-rement des espèces du genre indigofera et quelquefois (1e l’tsafistinctoria ou lusitanica, et du pohjgonum tinctorium.
Préparation de Vindigo, —L’indigo s’extrait des différentesespèces d’indigofera par le procédé suivant. Lorsque la planteest en pleine fleur, époque à laquelle elle contient le plus possiblede matière colorante, on la coupe avec une faux, on l’introduit,tantôt fraîche, tantôt après l’avoir desséchée, dans un grand vaseappelé trempoir, et on y fait arriver de l’eau, après avoir mis desplanches épaisses sur la plante pour empêcher qu’elle surnagesur l’eau. Bientôt il s’établit une fermentation dans la masse ; dugaz acide carbonique et du gaz hydrogène se dégagent, et la li-queur, qui est jaune, se couvre d’une mousse qui passe en pendetemps au violet. Pendant cette fermentation, il se dissout dans laliqueur une matière qui s’oxyde au contact de l’air, bleuit et seprécipite. Cetté matière est de l’indigo. Pendant long-temps oncroyait qu’il ne pouvait être obtenu qu’à l’aide (1e la fermenta-tion ; mais M. Chevreul a fait voir qu’on peut l’extraire du pastelen traitant celui-ci par de l’eau chaude exempte d’oxygène, clqu’en absorbant de l’oxygène, la solution jaune ainsi obtenue de-venait bleue et laissait déposer de l’indigo. La liqueur jaune quiprovient du contact de l’eau avec la plante en fermentation est dé-cantée dans un autre vase, où on l’agite souvent, de manière amettre toutes ses parties en contact avec l’air. Elle devient bleue,se trouble, et laisse déposer de l’indigo que l’on met égoutter surdes fdtres de toile qu’on lave et qu’on sèche. Assez souvent on