TOURNESOL. 491
parc un produit analogue avec du lichen parellus et du lichendealbatus, qu’on traite par l’urine et la chaux ; en Angleterre, onse procure une couleur semblable en introduisant le lichen tarta-reus dans de l'ammoniaque caustique faible, obtenue en distillantl’urine pourrie avec de la chaux. Cette couleur est appelée cud-bear, nom tiré de celui de son inventeur Cuthberth Gordon.
On voit donc que Porseille doit sa propriété colorante, non àlui principe immédiat tout formé dans les lichens qui servent àla préparer, mais à l’altération qu’un principe immédiat, nomméorcine par M. Robiquet, qui nous l’a fait connaître, éprouve dela part de l’oxygène atmosphérique et de l'ammoniaque. L’orcineainsi altérée teint la soie et la laine, non mordancée surtout, enviolets extrêmement beaux, mais qui n’ont malheureusement au-cune solidité au soleil. L’orseille est employée pour donner unpied aux soies qu’on veut teindre en bleu violet ou en violet, enles passant ensuite dans la cuve d’inde . Elle sert encore à donnerun œil plus agréable aux violets et colombins sur laines faits à lacochenille et à la cuve. Elle est susceptible de donner à la lained’autres couleurs que le violet, lorsqu’on la modifie par la disso-lution d’élain, etc.
TOURNESOL. —On trouve dans le commerce de petits cubesd’une couleur plus ou moins bleue, connus sous le nom de tour-nesol en pains. On les prépare à l’aide du rocella tinctoria, quel’on traite par l’urine, de la chaux et de la potasse, à peu prèscomme quand il s’agit de préparer l’orseille,
La couleur bleue de tournesol est rougie par les acides les plusfaibles. L’infusion de tournesol est blanchie par l’acide sulfu-reux, et la couleur est détruite par le chlore.
Papier de tournesol. —• Les chimistes se servent du tournesolpour préparer le réactifle plus sensible à la présence des alcalis etdes acides. A cet effet, ils trempent du papier dans une infusionaqueuse saturée de tournesol, et ils le sèchent; dans cet état, ila une belle couleur bleue, et peut servir à reconnaître la pré-sence des acides. Pour découvrir les alcalis, on emploie le papierde tournesol rougi par un acide ; il se prépare avec la même infu-sion neutralisée ; à cet effet, on y ajoute quelques gouttes d’acideacétique, de manière à ce qu’elle devienne visiblement rouge, enconservant néanmoins une légère teinte bleue. L’infusion rougiepar un acide plus fort que l’acide acétique ne donne pas du pa-pier assez sensible.
M. Kane a exécuté un travail important sur le tournesol; il ena isolé plusieurs principes curieux ; mais la nature de notre ou-vrage ne nous permet pas de nous étendre sur ce sujet.