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Chimie / A. Bouchardat
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498 CHIMIE.

sil une couleur d’un pourpre violet, qui paraîtrait noir si l’étoffee'tait fortement imprégnée de fer.

Le bois de Brésil sert à faire le cramoisi faux, le ponceau fauxsur la soie. On l’emploie également pour teindre la laine alunéeet tartrée en rouge ; mais ees couleurs ne sont pas de bon teint.

GARANCE. — C’est la racine du rubia tinctorum, de la familledes rubiacécs; elle fournit à la teinture des couleurs aussi belles,que solides. C’est une des matières colorantes des plus précieu-ses, surtout pour la teinture sur coton. La propriété que possèdela garance de teindre le coton en rouge ou en rose solides quandil a été aluné, et en violet et en noir solides quand il a été passéau mordant de fer, est duc à un beau principe colorant, l’aliza-rine.

De l’alizarine. — Cette matière fut découverte en 1827, dans lagarance, par Kobiquet et Colin. Voici le procédé qu’ils ont indi-qué pour la préparer : on mêle la racine avec 2/3 de son poidsou avec un poids égal au sien d’acide sulfurique concentré, avecla précaution d’éviter que le mélange ne s’échauffe. La masse estabandonnée à elle-même pendant quelques jours , espace detemps pendant lequel l’acidc charbonne tous les corps autres quela matière colorante; si le, mélange venait-à s’échauffer, unegrande partie de cette dernière serait également charbonnée. Onlave la masse pour en extraire tout l’acide ; la matière colorantereste à l’état de mélange intime avec le charbon. On sèche ce mé-lange, on le traite d’abord par de l’alcool froid pour en extraireun peu d’une substance grasse, et on l’épuise ensuite par l’alcoolbouillant ; on verse de l’eau dans les solutions alcooliques, ondistille l’alcool, et on filtre la liqueur restante ; l’alizarine reste àl’état de pureté sur le filtre.

L’alizarine est inodore et insipide ; elle se sublime facilementen longues aiguilles lisses, pour la plupart capillaires, flexibles,d’un orange sale. Mais pendant la sublimation, une partie de l’a-lizarine se décompose, et pour que la destruction ne s’étende passur une grande quantité de matière, il faut procéder à la sublima-tion dans des vases très-plats. Introduite dans l’eau froide , elletombe au fond de ce liquide, dans lequel elle est presque insolu-ble. L’eau bouillante en dissout une petite quantité, en prenantune belle couleur rose. L’alcool de 0,83 la dissout ; à la tempé-rature de 12°, il en faut 212 parties pour dissoudre une partie d’a-lizarine; la dissolution est rouge. L’éther de 0,73 ne dissout, à12°, que 1 /160 e d’alizarine ; la dissolution est jaune ou orange. Lechlore a très-peu d’action sur l’alizarine ; cependant elle affaiblitpeu à peu la nuance rougeûtre et la fait virer au jaune. L’acide