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cette substance, et la représenta par la formule C 48 H 48 O 32 . Il laregarda comme une matière colorante acide, en raison de son af-finité pour les bases salifiables.
Voici comment M. Prcisscr obtient la santaline pure. Le boisde santal fut traité par l’éther, qui se colora fortement en rougefoncé. Le liquide, évaporé jusqu’aux deux tiers, fut mélangé avecde l’hydrate plombique. 11 se forma une abondante laque rougefoncée de santalate de plomb. Ce sel, lavé sur un filtre, puis dé-layé dans l’eau, fut soumis à un courant d’acide sulfhydrique. Onfiltra, et on obtint un liquide à peine coloré en jaune. Par sonévaporation sous le vide, il fournit une poudre blanchâtre cris-talline. C’était la santaline.
Cette poudre absorbe facilement l’oxygène de l’air. Quand onla fait bouillir avec de l’eau, elle se colore en rouge. Les alcalis,potasse, soude et ammoniaque, lui font acquérir instantanémentune couleur rouge foncée. Les acides acétique, azotique, chlorhy-drique et sulfurique, étendus, la dissolvent en la colorant enrouge,
Elle se combine avec l’oxyde plombique, et le sel est coloré enrouge brun.
Elle est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. Les solutions secolorent en rouge sur les bords. Une goutte d’un alcali fonce im-médiatement la nuance.
La santaline en solution, soumise à l’ébullition, laisse déposer,par le refroidissement, une poudre rouge, dans laquelle on dis-tingue, au moyen du microscope, une foule de petites aiguillesd’un rouge vif. C’est la sanlaléine.
Calcinée dans un tube, elle ne donne aucun produit azoté.
BOIS I)E BARWOOD ou CÀMWOOD. — Ce qui suit est extraitd’un travail de MM. Girardin et Preisser.
Le naturaliste suédois Afzélius découvrit, dans la colonie deSierra-Léonc, en Afrique , un grand et bel arbre de 19 m 50 dehaut, à fleurs blanches, de la famille des légumineuses, auquel ildonna le nom de Baphia nitida. De Candolle a placé ce genre prèsdes Pterocarpus, qui fournissent le santal. Les Portugais en ap-portèrent le bois en Europe , il y a deqà une soixantaine d’an-nées. C’est en Angleterre seulement qu’il a été utilisé. Le rougefoncé qu’on voit habituellement sur les mouchoirs bandanas an glais , est, la plupart du temps, produit par la matière colorantedu barwood, rendue plus foncée par le sulfate de fer. D’aprèsMac Culloch, l’importation de ce bois s’est élevée, en 1829, a240 tonneaux 15 eut. En 1833 , il valait, sur le marché de Lon-