COCHENILLE. 509
l’acide azotique, et se dissout dans ces acides. Les alcalis la co-lorent immédiatement en rouge violet plus ou moins foncé , et enmeme temps, la matière colorante se dépose pour la plus grandepartie.
La carminé et la carméine ne. sont pas volatiles par elles-mê-mes; une petite portion de la matière rouge est seulement en-traînée par les vapeurs de la partie qui est décomposée. Toutesles deux fournissent, par leur décomposition, des produits am-moniacaux.
La carminé fixée sur la laine par l’alun et le tartre, et sur lasoie par l’alun, soit pur, soit mêlé de tartre, et même de compo-sition d’c'tain, constitue le cramoisi fin, une des couleurs les plusbelles et les plus stables. On remarque qu’une légère couleurjaune donnée à la laine et à la soie ne nuit pas à cette teinture.Pour qu’on réussisse à faire le cramoisi Lieu uni sur la laine,celle-ci doit être homogène ; si elle ne l’est pas, il est nécessairede remplacer l’ébrouage par un bain alcalin.
La carminé fixée sur la laine par la composition d’étain donnel'écarlate, couleur qui est essentiellement une combinaison de car-mine, de peroxyde d’étain, d’acide tartrique et d’acide hydro-ehlorique. Cette composition explique parfaitement pourquoil’écarlate devient rose et même amarantlie par le contact des selsbasiques, et à plus forte raison des alcalis.
On a été long-temps avant de faire des roses sur soie avec lacochenille, l’acide tartrique et une dissolution d’étain. Aujour-d’hui cette teinture ne présente aucune difliculté; et, si l’on teintpréalablement la soie avec le rocou, on obtient des couleurs très-variées, mais qui sont cependant toujours équivalentes à durouge et à du jaune plus ou moins brun, suivant la hauteur dupied de rocou.
Une dissolution d’étain convenable pour cette teinture est cellequi résulte de 1 partie d’étain pur dissoute dans un mélange de {parties d’acide chlorhydrique fumant et de 2 parties d’acide ni-trique à 36°. On ajoute à cette dissolution la moitié de son poidsde bitartrate de potasse, puis on mêle à cette liqueur une décoc-tion de cochenille saturée de bitartrate dépotasse. La quantité decochenille doit être le double du poids de la dissolution d’étain;la soie se passe ensuite à froid dans la liqueur dont nous venonsde donner la composition , après l’avoir suffisamment étendued’eau.
Enfin, en traitant i partie de cochenille par 3 parties d’am-moniaque liquide, faisant évaporer la solution à sec, on obtient
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