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Chimie / A. Bouchardat
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508 CHIMIE.

coup de rapport avec la brésiline, par la manière dont elle secomporte avec les acides et les bases salifiables. Avec les pre-miers, elle forme des composés rouges, tirant sur l’orange plutôtque sur le violet ; avec les alcalis , des composés violets ; leprotoxyde d’étain se comporte avec elle comme une base alcaline,et le peroxyde du même métal comme un acide. L’action de cesoxydes sur la matière colorante de la cochenille est donc analo-gue à celle qu’ils exercent sur la brésiline et l’hc'matine.

MM. Pelletier et Caventou ont obtenu le principe colorant de lacochenille, sinon pur, du moins dans un état qui en approchebeaucoup, et l’ont nommé carminé, parce que c’est lui qui colorela belle laque qui est connue, sous le nom de carmin.

M. Lassaigne a retrouvé ce principe dans le kermès, coccus ili-cis, et il est très-probable qu’il existe également dans toutes lesautres espèces de coccus, qui fournissent aussi des matières tinc-toriales, telles que la cochenille on le kermès de Pologne , lagomme ou la résine laque du commerce. Pelletier a fait l’analyseélémentaire de la carminé, et lui a attribué la formule C lc H J ‘Az O 10 .

Pour avoir, dit M. Preisser, la carminé à l’état de pureté, nousavons épuisé de la bonne cochenille par de l’éther pour enlevertoutes les matières grasses, puis nous avons fait une forte décoc-tion dans l’eau. L’hydrate plombique a entièrement précipité leprincipe colorant, et la liqueur surnageante est restée complète-ment décolorée. Le carminate de plomb violet fut décomposé parun excès d’acide sulfhvdrique, et la liqueur filtrée, presque inco-lore, a laissé déposer, par le refroidissement, de petites aiguillesd’un jaune pôle qui sont devenues entièrement blanches par deslavages à l’éther et des pressions entre des feuilles de papier.

La carminé ainsi obtenue est incolore, d’une saveur nauséa-bonde. Elle, est soluble dans l’eau et dans l’alcool.

Elle rougit lentement au contact de l’air ; quand on le fait bouil-lir, elle se colore, et, par la concentration , elle laisse déposerune multitude de flocons d’un beau rouge pourpre de carméine.

Cette meme dissolution incolore de carminé, chauffée dans unepetite cornue avec du bichromate de potasse, donne une liqueurcolorée en beau rouge, qui laisse bientôt déposer une multitudede flocons rouges d’une laque composée de carméine et d’oxydede chrome. Cette laque se décompose quand on la traite par dela potasse caustique, et il reste de l’oxvde de chrome en pou-dre verte.

La carminé rougit par l’action des acides minéraux, surtout de