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Chimie / A. Bouchardat
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519
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NOIR. 519

foncée ne le seta cependant pas autant que le bleu le plus fonce'.

» Il suit de là qu’en teinture on ne peut pas plus produire lenoir avec deux couleurs qu'avec une seule; mais si on appliquesur une étoffe du bleu, du rouge et du faune en des proportionsconvenables, on aura DU NOIR.

» De là on a conclu qu’en teinture le noir est produit par dubleu, du rouge et du jaune en certaines proportions, lesquellesont été fixées par le P. Castel à 15 parties de bleu, 5 de rouge et3 de jaune. Mais cette détermination est plutôt le résultat d’unevue théorique que celui de l’expérience, ainsi que le P. Castellui-même l’a fait remarquer. La difficulté de l’appliquer à un casde pratique tient à ce qu’on ne connaît point aujourd’hui en tein-ture des principes colorants qu’on puisse considérer comme re-présentant le jaune, le rouge et le bleu à l’état de pureté. Quedès-lors, si une combinaison ou jaune, ou rouge, ou bleue estfixée sur une étoffe, cette combinaison, loin de représenter tantde parties ou de jaune pur, ou de rouge pur, ou de bleu pur,représente du janne mêlé soit de rouge, soit de bleu, soit enfinà la fois de rouge et de bleu dans des proportions tout à faitindéterminées. »

Essayons maintenant à nous rendre compte des principauxprocédés employés pour produire les noirs et les bruns sur étoffe.

La noix de galle et un sel de fer, si fréquemment employésdans la teinture en noir, ne donnent que du gris violâtre oubleuâtre.

La pyrolignite de fer, qui contient une matière empyrcuma-hque brune, donne aux étoffés un brun tirant, dans les tonsclairs, sur le jaune verdâtre, et dans les tons foncés, sur le rouxmarron.

En engallant le ligneux et la soie, et en leur donnant un bain' de pyrolignite de fer, on peut, en réitérant plusieurs fois ces°pérations successives, si on le juge convenable, obtenir dunoir.

La galle, le campêche et un sel de fer ne produisent guère qu’unbleu violet très-foncé ; cependant, si on les applique sur la lainedans un bain très-chaud, qui en même temps est exposé àj action de l’air, l’hématate de fer éprouve une altération qui, enle faisant passer au roux, est favorable à la production du noir.Eette altération de l’hématine est remarquable dans le cas où l’onteint au bouillon et au contact de l’air, de la laine alunée dans unbain de campêche, ainsi que nous l’avons dit plus haut.

La galle et les sels de cuivre teignent les étoffes en un fauve0 'vâtre ; le campêche et les sels de cuivre en un bleu violet : on