FALSIFICATION DU PAIN. 577
aucune précaution particulière un pain de bonne apparence et debonne qualité.
Comme dans plusieurs localite's on emploie, au lieu de blé, duméteil, ou mélange de seigle et de blé, nous avons fait préparerune farine contenant un quart farine de blé, un quart farine deseigle, un demi-fécule; pour avoir ces proportions nous mélangeons25 de fécule, 15 trois quarts de blé, 15 trois quarts de seigle.
La farine est un peu moins blanche, la pâte est plus courte,mais elle lève facilement, et -donne un pain d’une saveur assezagréable. Eu résumé, nous croyons que le procédé de mélangeantérieur à la mouture réunit toutes, les conditions les plus es-sentielles : facilité d’exécution, il ne diffère en rien des moyensqu’on emploie partout; économie, la seule dépense est celle dela mouture, qui ne s’élève pas à 1 centime par livre. Qualité.toujours constante du produit, et indépendante en quelque sortede la manipulation. La famine rendue impossible, car on peutaire des réserves de fécule qui se conserve indéfiniment sansaltération, et cela avec des frais très-minimes,r L’importation des céréales rendue inutile, et par-là au moins20 millions de numéraire, année moyenne, qui restent entre lesmains de la classe agricole pauvre, au lieu d’être exportés ; enfin,une grande diminution dans la nécessité de culture des céréales»une augmentation proportionnelle dans la culture de la pommde terre, une modification importante dans la méthode des asso-lements, et de là l’espérance d’une révolution aussi heureuse quecomplète dans le système agricole de la France .
ALTÉRATIONS ET FALSIFICATIONS DU PAIN. —Le pain peutêtre adultéré de différentes manières ; mais nous ne parleronsi cique de deux des principales altérations du pain, celle avec lesulfate de cuivre, et celle survenue spontanément à Paris , auxpains de munition pendant l’année 1841.
Altération extraordinaire du pain de munition. — On observaune altération grave extraordinaire en 1841 dans les pains dis-tribués aux troupes de la place de Paris , durant les chaleurs del’été. Leur masse se convertissait pour ainsi dire en aggloméra-tions rouges composées exclusivement d’un champignon rougenommé oïdium aurantianum. Ce pain avait un aspect et une sa-veur repoussants ; les animaux qui en ont été exclusivementnourris en furent incommodés. La principale cause de cette alté-ration consistait dans la mauvaise qualité des blés et dans desavaries que ccs grains avaient éprouvées.
Pain falsifié avec du sulfate de cuivre. — Quelques boulan-gers de Belgique ont eu l’idée criminelle d’introduire ce sel vé ■
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