CATALYTIE. 583
« conduisent mal la chaleur, étant de faibles capacités compara-« tivement aux autres métaux ; ce sont là, ce me semble, les prin-« cipales causes en vertu desquelles ils entretiennent, produisent“ et rendent sensibles ces combustions lentes. »
Quatre ans plus tard, Dœbereiner examina l’action du platinefulminant de Davy sur l’alcool au contact de l’oxygène, et fit voirque l’acide acétique qui résulte de cette réaction est dans unrapport simple avec la constitution de l’alcool. Au platine fulmi-nant et au sulfure de ce métal, Dœbereiner substitua la moussede platine obtenue par la calcination du chlorure ammoniacal;c’est avec ce platine divisé qu’il fit l’expérience devenue vulgaireparle briquet de son invention. Quant à l’ensemble du phéno-mène , Dœbereiner pensa qu’il devait être regardé comme « un« procédé électrique résultant d’une chaîne dans laquelle l’hy-« drogène représente le zinc, et le platine l’autre métal; c’est le« premier exemple d’une chaîne électrique formée d’une subs-« tance gazeuse avec un corps concret dont l’activité a cté cons-<■ tatée. »
Dans l’intervalle qui sépare la decouverte de Davy de celle deDœbereiner, M. Thénard fit connaître les curieux phénomènesque présentent certains oxydes et certaines poudres métalliquesau moment où on les projette dans l’eau oxygénée; il vit de suiteque ces phénomènes ne pouvaient s’expliquer par les lois ordi-naires de l’aflinité.
Quelques mois après la communication de Dœbereiner, MM. Du-long et Thénard eurent la pensée d’étendre l’étude des phéno-mènes que le chimiste allemand venait de signaler dans le platine,et qu’il avait à peine indiqués pour le nickel. Ils ne tardèrent pasà constater une action analogue dans le palladium déjà signalépar Davy, et en outre dans le rhodium, l’iridium, l’or, l’argent, etmême dans des substances de la nature la plus diverse , telles quele charbon, la pierre ponce, la porcelaine, le verre, le cristalde roche et quelques autres. Ils analysèrent avec un soin extrêmeles circonstances dans lesquelles cette force nouvelle se modi-fiait, s’exaltait, ou bien allait en s’affaiblissant. MM. Dulong etThénard ont essayé de découvrir quelle part l’électicité pourraitavoir dans ces phénomènes; mais ils terminent en déclarant quela plupart des effets qu’ils ont observés ne sauraient s’expliqueren leur supposant une origine purement électrique.
En 1831, M. Thénard, en découvrant le polysnlfure d’hydrogène,exprima nettement la pensée que certains corps peuvent se lais-ser décomposer par d’autres corps sans que ceux-ci s’emparentd’aucun de leurs principes.