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M. Mitscherlich proposa une nouvelle théorie de l’éthérifica-tion , et conclut qu’il y avait là un phénomène analogue à ceuxque présentent l’eau oxygénée et le polysulfnre d’hydrogène.
M. Bcrzélius rapprochant tous ces faits des phénomènes decombinaison qui s’opèrent sous l’influence du platine, en conclutque plusieurs corps ont la propriété d’exercer sur d’autres corpsune action differente de l’affinité chimique. Au moyen de cetteaction, dit-il, on obtient des décompositions et des recomposi-tions auxquelles les éléments de ces corps restent étrangers;ce fut cc qu’il appela force catalitique. On voit combien la mar-che des faits était lente, lorsqu’un travail de M. Kuhlmann,qui avait pour objet les phénomènes de la nitrification, le con-duisit à plusieurs expériences curieuses et inattendues ; il dé-montra que toutes les combinaisons oxygénées de l’azote, mêléesd’une quantité suffisante d’hydrogène, se transformaient en am-moniaque sous l’influence de la mousse de platine ; il vit que sous lamême influenecle cyanogène et l’hydrogène donnaient de l’ammo-niaque à l’c'tat d’hydrocyanatc ; que le deutoxyde d’azote et legaz oléfiant produisaient à chaud, outre l’eau et l’azote, de l’am-moniaque unie aux acides carbonique et hydrocyanique ; ilobtint une réaction analogue avec le deutoxyde d’azote et lavapeur alcoolique.
A la même époque, M. Th. de Saussure a fait connaître des ex-périences intéressantes dans lesquelles il a montré que certainscorps, tels que l'humus, le terreau, le blé, le coton, la soie, leligneux, font disparaître en partie un mélange d’oxygène etd’hydrogène dans les proportions de l’eau. Bien que ces faitssoient d’un ordre plus complexe, M. Th. de Saussure ne laisse]ias échapper leur analogie avec les phénomènes dus au contactdu platine; il remarque que certains gaz oxyde, de carbone,et hydrogène bicarboné, paralysent l’action exercée par lessubstances organiques qu’il a employées, et il ne manque pas derappeler que M. Faraday avait aussi arrêté la combinaison del’hydrogène et de l’oxygène, déterminée par une lame de platine,en ajoutant au mélange détonant de l’oxyde de carbone, de l’hy-drogène bicarboné, ou même de l’hydrogène obtenu par la dé-composition de l’eau à l’acide du fer incandescent.
CONSERVATION DES MATIERES ORGANIQUES. — Condi-tions de conservation. — Les corps organiques les plus altérablespeuvent se conserver indéfiniment si une seule des conditionssuivantes manque: 1° une température au-dessous de 0°; 2° laprésence de l’eau ; 3° la présence de l’oxygène. Ansi pour éloi-gner la putréfaction, il suffira : 1° ou de placer les corps que l’on