EMBAUMËMËNT DES CADAVRES. 580
en colle par la coction. On commence depuis peu à tanner légè-rement les peaux dans une infusion d’écorce de saule, avant deles chamoiser; c’est ce qu’on nomme le tannage à la danoise,EMBAUMEMENT DES CADAVRES. CONSERVATION DES PIÈ-CES D’ANATOMIE. — Les sels métalliques conservent encoremieux que le chlorure de sodium; mais plusieurs d’entre eux, etceux précisément qui écartent mieux la putréfaction, se combinentavec la substance animale, qui dès lors ne peut plus être employéeà titre d’aliment ; c’est ce qui n’arrive point avec le chlorure de so-dium. De tous les sels métalliques, le bichlorure de mercure et lesulfate ferrique, dissous dans l’eau, sont les plus efficaces. Cesdissolutions garantissent de la putréfaction, non seulement lessubstances qu’on y laisse séjourner, mais encore celles qui n’ysont restées plongées que pendant quelques temps, et qu’on peuten retirer sans qu’elles pourrissent ensuite, môme en demeuranthumides. Le conseil qu’on a donné dans ces derniers tempsd’avoir recours à des dissolutions de sulfate ferrique pour con-server les préparations zoologiques et anatomiques, peut bienêtre adopté pour des parties découvertes et complètement acces-sibles au liquide ; mais cette méthode 11 e saurait être appliquée àdes animaux entiers ou à des parties dont la structure empêche leliquide de pénétrer dans leur intérieur, qui alors pourrit et dé-gage des gaz qui font gonllcr, et enfin crever la pièce qu’on vou-lait conserver.
Plusieurs solutions acides, ex. : sulfurique, nitrique, phospho-rique, un grand nombre de sels, jouissent encore de la propriétéde s’opposer à la putréfaction ; mais aucun n'est aussi énergiqueque le chlorure mercurique.
Embaumement des cadavres. — Cet art est resté longtempsdans l’enfance , par suite de la fausse idée qu’on s’était faite quela conservation des momies égyptiennes était duc à l’imprégna-tion des corps de résines et de matières aromatiques ; mais il pa-rait certain qu’ils employaient, comme principe essentiel, le pro-duit de la distillation des matières organiques. Rien en effet 11 epeut être placé, comme antiseptique, au-dessus du vinaigre debois distillé, conservant encore de l’huile cmpyrcumatiquc. Cettepropriété a été découverte par Monge, et tient véritablement duprodige.
Créosote. — Le vinaigre de bois cmpyrcumatiquc, de môme quela fumée et la suie, doivent leurs propriétés antiseptiques à unesubstance huileuse empyreumatique que Reichenbach, chimisteallemand , a découverte en 1833, et à laquelle il a donné le nom decréosote. Les viandes fraîches, plongées dans la dissolution