588 CHIMIE.
II. Davy a trouvé que 100 parties de peaux de veau tannéesdans une infusion concentrée de noix de galle, avaient acquis Clparties en poids, et qu’elles avaient augmenté de 31 dans une in-fusion concentrée d’écorces de chêne, de 17 dans une infusionétendue de cette meme écorce, de 54 dans une infusion concen-trée, et de 15 dans une infusion étendue d’écorce de saule, enfinde 19 dans une dissolution de cachou. Celte dernière matière don-nait en meme temps une couleur brune à la peau de veau. En gé-néral on admet que le bon cuir' de semelle contient 0,1 de sonpoids de tannin. Le temps nécessaire pour un tannage completvarie suivant l’épaisseur de la peau et une multitude d’autres cir-constances; il s’étend depuis quelques mois jusqu’à une année etdemie. On l’a beaucoup raccourci dans ces derniers temps, en cou-sant ensemble plusieurs peaux de manière à en faire un réservoirqui ne laisse point échapper l’eau, remplissant la cavité de ma-tières végétales contenant du tannin, et versant dessus de l’eau,qu’une haute colonne de liquide tient soumise à une pressioncontinuelle. L’eau filtre ainsi à travers la peau , dans l’intérieurde laquelle elle dépose le tannin. Cette méthode, que l’on vantebeaucoup, a été imaginée par Spilsbury. Lorsqu’on se sert d’écor-ce de chêne, le côté extérieur de la peau se couvre d’acide pcctique,qui est contenu dans l’écorce en combustion avec du tanin, etque la substance de la peau dégage de ce dernier.
Le cuira une teinte jaune ou de jaune brun. Le cuir noir doit sacouleur à une dissolution de sulfate ferreux, qui produit peu àpeu du noir avec du tannin. On le rend mou et flexible en l’ejului-sniit de graisse et d'huile. Le cuir destiné à être ciré est renduuni ou noirci du côté de la chair. Le maroquin est mordancé etteint de divers couleurs, en rouge, en jaune, en bleu ou en vert.On teint le rouge avant et les autres après le tannage.
L’art du mégissier consiste à plonger lespeaux minces dans unedissolution d’alun et de sel commun, après les avoir écharnéeset débourrées. Ces sels se décomposent mutuellement, de ma-nière qu’il en résulte du sulfate sodique et du chlorure alumini-que, dont le dernier se combine avec le tissu cutané, qui devientpar-là inaltérable à l’air. Le selaluminique, qui se combine avecla peau, est probablement avec excès de base, tandis qu’il resteun sur-sel dans la liqueur.
Le chamoisage a pour but de rendre la peau molle et flexible enl’empreignant de graisse, sans faire subir aucun changement àson tissu, mais après l’avoir débarrassée de l’eau qu’elle contenait.La peau dont on se sert pour faire les gants ordinaires a été cha-moisée : aussi est-elle facile à ramollir dans l’eau, et à convertir