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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

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réelle ; mais ses qualités ou ses défauts ne nous échappent jamais entièrement ; dequelque côté que nous l’envisagions, nous avons toujours un sentiment plus oumoins net de ces choses.

Il est à remarquer d’ailleurs que, s’il est pour chaque objet, suivant sa natureet surtout sa position et son étendue, un point précis où l’on doit supposer quese placera tout spectateur intelligent, parce qu’il est le plus favorable à l’appré-ciation de l’objet, et s’il convient, dans les modifications de formes dont il s’agit,de se préoccuper plus particulièrement de ce point de vue, on n’est pas cepen-dant en droit de regarder tous les autres comme non avenus. L’architecture nepeut être traitée comme ces perspectives peintes sur des surfaces courbes, quiproduisent les images les plus fausses dès qu’on s’éloigne un peu de la positionpour laquelle elles ont été dessinées; ses exigences sont tout autres. Si elle ne seprésente pas également bien partout, du moins faut-il que nulle part elle ne semontre dépourvue de son cachet de vérité et d’harmonie. Les supercheries, lesfausses apparences ne sont pas à son usage. Quand elle modifie une forme, euégard au point de vue, ce n’est pas pour créer des illusions, loin de là, c’est pourles prévenir. Elle ne spécule pas sur les erreurs de nos sens, elle s’attache, aucontraire, à y porter remède ; en lui venant en aide, elle rend hommage à notrejugement, et prouve que c’est toujours à lui qu’elle s’adresse.

Les considérations précédentes n’ont rien sans doute de bien précis; mais il estaisé de juger que le sujet ne comporte pas de prescriptions formelles. Dans l’en-seignement de l’art il faut savoir se contenter de donner une direction, et l’onne peut avoir l’ambition d’éviter à qui vous suit toutes les difficultés de la voie ;c’est le goût, c’est le sentiment des convenances de la forme, c’est un tact par-ticulier qui sont les seuls guides à écouter quand la tendance est donnée. Nousne pouvons cependant nous résoudre à nous arrêter après avoir posé le principe,et nous essayerons de conduire vers ses applications.

S’il était donné à l’homme de voir mentalement dans l’espace avec unegrande netteté, l’architecte représenterait immédiatement la conception deson esprit au moyen d’un dessin perspectif, déterminé d’après le point devue qu’il se serait choisi, et, après s’être assuré de la fidélité de cette expres-sion de sa pensée, il n’aurait plus qu’à convertir la perspective en un dessingéométrique, pour obtenir les mesures exactes nécessaires à l’exécution del’œuvre. Mais cette faculté ne nous est pas donnée, ou ne l’est pas à un degrésuffisant. Si pénétrés que nous soyons de notre sujet, si vive que soit notre ima-