BEAUTÉ.
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gination, si séduits que nous soyons par la forme qui se présente à nous, l'imagequi est dans notre pensée est difficile et lente à reproduire; la vision devientconfuse au moment où l’on veut la fixer. Les diverses parties de l’œuvre ne seretrouvent que successivement, et plutôt dans la forme qu’elles doivent revêtiraux yeux de l’esprit, que dans celle que notre organe doit percevoir. Nous re-produisons par le dessin l’objet tel que notre intelligence le conçoit, mais nonpas toujours tel qu’il devrait être pour se présenter ainsi après son exécution,malgré les illusions de l’optique. Les proportions que nous adoptons, parcequ’elles répondent à notre sentiment, diffèrent parfois de celles qui se dé-duiraient de l’image formée dans notre cerveau s’il nous était donné de la fixer.En réalité, c’est au dessin que nous sommes obligés de nous attacher d’abordbien plutôt qu’à l’objet lui-même, et, quand nous avons traduit fidèlement notrepensée par le crayon, il peut être nécessaire de modifier cette traduction enquelques points, si l’on veut qu’elle soit encore fidèle après avoir été mise àexécution.
Quels sont ces points? Faut-il, comme l’ont cru quelques architectes, élancertoujours les proportions adoptées sur le dessin géométrique, à mesure que lesobjets sont situés à de plus grandes hauteurs, et augmenter en même temps lesdimensions des détails, afin de remédier aux effets des raccourcis et de l’éloigne-ment? Non, sans doute. Il y a deux cas à distinguer : l’édifice peut ou ne peutpas être embrassé d’un seul coup d’œil.
Dans le premier cas, il n’y a rien ou du moins fort peu de chose à changer,soit aux proportions, soit aux dimensions, car le dessin est alors une représen-tation suffisamment exacte, sous ces rapports, pourvu qu’on se place convena-blement pour l’examiner et qu’on veuille s’en rendre compte. Que le dessin soitposé verticalement, s’il s’agit d’une élévation, que l’architecte le regarde en semettant au point de vue qu’il prévoit pour l’édifice, toutes proportions gardées,c’est-à-dire en établissant les distances d’après l’échelle adoptéepourlareprésenta-tion graphique, et l’image produite sur la rétine différera peu de celle qui résul-terait de l’objet lui-même, surtout si les surfaces sont planes et établies à peuprès sur le même plan. Les rapports entre les dimensions verticales et horizon-tales seront sensiblement les mêmes ainsi que les dimensions apparentes ; lesombres portées rendront un compte assez net des saillies ; et, quant aux occulta-tions produites par les corniches ou autres corps saillants, il sera facile de lesapprécier et d’y avoir égard, si on le juge à propos. Mais ce ne seront pas des al-