TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
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térations de proportions qui devront être appelées à remédier aux inconvénientsque peuvent présenter ces occultations; pour éviter la faute on tomberait dansle vice. Ainsi, qu’une ordonnance de pilastres s’élève au-dessus d’un étage cou-ronné par une corniche dont la saillie masquerait une partie de ces supports, onne devra pas élancer leurs proportions à titre de correctif; l’effet produit seraitmauvais, même du point de vue choisi, parce qü’on devine, au moins en partie,ce qu’on ne voit pas ; et il serait plus mauvais encore pour le spectateur placé àplus grande distance. Ce qu’il y a de mieux à faire, en pareil cas, est d’inter-poser un socle entre la partie supérieure de la corniche et l’objet qu’on veutmettre tout entier en évidence. Tel a été le parti adopté par Pierre Lescot dansla cour du Louvre (I" vol., pl. 38); cet architecte a exhaussé les piédestaux descolonnes du premier étage et les pilastres de l’attiquesur des socles, auxquels ila donné beaucoup de hauteur parce que la composition devait être vue de près.C’est ainsi qu’en avaient agi les Romains pour les attiques des arcs de triomphede Titus et de Septime Sévère (pl. 30 et 51). On voit qu’il n’y a point là d’alté-rations de proportions, mais bien des dispositions spéciales prises de manière àassurer les effets qu’on avait en vue.
Si la partie supérieure, au lieu d’être située sensiblement dans le même planque la partie inférieure, était établie à une certaine distance en arrière, le mêmesystème ne serait plus applicable ou du moins ne serait plus aussi efficace, carla hauteur d’un socle a des limites très-bornées. Il ne serait permis alors d’as-seoir son jugement sur le dessin géométrique que si le point de vue pouvait êtreassez reculé pour que l’occultation fût peu prononcée ; dans le cas contraire, ilfaudrait se résigner à laisser deviner les parties reléguées sur un second plan, etne pas en faire grand compte. Une vue perspective est d’un grand secours enpareille circonstance, elle devient même presque indispensable. Ajoutons qu’ilimporte surtout de bien apprécier la part à faire à notre jugement, qui est tou-jours appelé à compléter et à rectifier, jusqu’à un certain point, les perceptionsde nos sens, et qu’il faut éviter de se créer des règles trop absolues.
Lorsque l’édifice ou le fragment d’édifice que l’on considère est en positiontelle, qu’il est impossible de l’embrasser d’un seul coup d’œil dans toute sa hau-teur , le dessin qui représente la projection verticale de l’objet réclame desmodifications plus ou moins prononcées, si l’on veut assurer à l’exécution lecaractère dont il porte l’empreinte. Alors, en effet, le spectateur, obligé de leverles yeux pour voir la partie supérieure de l’édifice, est dans une position ana-