BEAUTÉ.
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logue à celle où se trouve celui qui examine une face fuyante ; les dimensionsapparentes des corps diminuent à mesure qu’ils s’élèvent, comme dans lesecond cas, à mesure qu’ils s’éloignent. Et il est à remarquer que ces réduc-tions ne suivent pas la même loi dans l’une et l’autre des deux principales direc-tions à considérer, c’est-à-dire dans le sens vertical et dans le sens horizontal,et que, par conséquent, elles ont pour effet d’altérer les rapports. Voyez unplan horizontal s’étendant devant vous : les longueurs décroîtront à vos yeuxsuivant une progression bien plus rapide que les largeurs. Si vous le divisezsur sa longueur en un certain nombre de parties égales, par exemple, de tellesorte que la plus rapprochée de vous soit représentée en perspective par un qua-drilatère circonscrit à une circonférence de cercle, on ne pourra inscrire quedes ellipses dans les quadrilatères suivants, et ces ellipses iront en s’aplatissantsans cesse à mesure qu’elles s’éloigneront. Si, au lieu de quadrilatères placéshorizontalement, vous prenez des colonnes verticales posées bout à bout, lemême phénomène se reproduira; les hauteurs apparentes diminueront plusrapidement que les diamètres. En cet état, nul doute que notre jugement nepuisse rectifier les indications erronées transmises par nos sens, que les qua-drilatères ou les colonnes les plus éloignées ne soient appréciées par notre esprità leurs dimensions réelles; mais en sera-t-il de même si la série de figures sem-blables est interrompué, et surtout si une seule de ces figures fuyantes est placéedans le lointain? A cette question l’expérience répond par la négative.
L’image qui, dans ces vues obliques, se peindra sur la rétine, pourrait êtrereprésentée assez exactement, si l’on projetait les divisions du plan horizontal,dans le premier cas, et celles du plan vertical, dans le second, sur un plan normalà la ligne qui divise en deux parties égales l’angle visuel du spectateur. Mais il nefaudrait pas cependant régler les proportions des objets de telle sorte qu’ils seprésentent avec la forme qui leur convient, sur la figure ainsi obtenue, parce quel’intervention du jugement ne manquerait pas de les allonger, et les ferait jugerbeaucoup trop élancés, comme ils le seraient effectivement. Des deux modes deprojection auxquels on peut avoir recours (la projection sur un plan parallèle àla face que l’on considère, dessin qui donne des dimensions réelles, et la pro-jection sur un plan normal à l’axe visuel, laquelle indique les dimensions appa-rentes), le premier offre donc des proportions qui seraient jugées trop courtesen exécution, parce que nous ne savons pas corriger complètement les erreursde la vue, tandis que le second, au contraire, ferait paraître les corps trop