BEAUTÉ.
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que tout le monde a entendu parler des vastes dimensions de ce monu-ment. C’est là, en effet, la qualité la plus facile à faire connaître; ce méritesecondaire est à la portée de tous, et, de ce qu’il ne saute pas aux yeux,une réaction naturelle de l’esprit fait penser que le monument paraît petit.11 faut dire aussi que rien dans l’édifice n’avertit, du moins d’une manièresuffisante, des dimensions de l’élément qu’on est porté à prendre pourunité de mesure, c’est-à-dire de l’arcade qui, répétée quatre fois, forme la lon-gueur de la nef. Elle est colossale; mais tout ce qui l’accompagne, les figurespeintes, les statues, les divers ornements le sont également; il lui manqueun terme de comparaison dont la grandeur soit appréciable, et cette lacunen’est pas comblée par l’échelle que pourrait fournir la taille des personnesqui circulent dans l’édifice, parce que notre esprit se prête difficilementà comparer entre eux des objets de natures dissemblables.
Voilà donc deux systèmes principaux : l’un, qui a été généralement suivipendant le cours du moyen âge, consiste à faire croître le nombre desdivisions proportionnellement aux longueurs, de telle sorte qu’une nef delongueur double soit séparée de ses bas côtés par deux fois plus d’arcades;l’autre, qui est dominant dans l’architecture antique, et dont Saint-Pierrede Rome offre le type moderne le plus saisissant, agit plutôt sur les di-mensions des parties que sur leur nombre, et amplifie, pour ainsi dire,l’unité de mesure dans le même rapport que l’édifice entier. Le premierdonne un sentiment très-net de la grandeur matérielle, l’exagère mêmequelquefois, mais laisse beaucoup à désirer sous le rapport de la grandeurmorale; le second produit un effet diamétralement opposé. Pour nous, lechoix ne serait pas douteux; nous n’hésiterions pas à donner la préférenceà celui-ci. Mais s’ensuit-il qu’il nous paraisse avoir été judicieusement appli-qué dans le monument italien? S’ensuit-il qu’il ne faille pas attacher d’im-portance à la grandeur matérielle, et qu’on doive se résigner facilement à enfaire le sacrifice? Assurément non. En ce qui concerne Saint-Pierre de Rome ,nous y reviendrons plus tard, et avec les développements qu’exige le sujet.Quant à la grandeur matérielle, le sentiment universel, l’expérience de chaquejour portant sur les objets les plus divers, établissent nettement qu’elle estde nature à produire une profonde impression sur nos esprits. Elle est undes mérites de l’art qui nous occupe. On sait quelle émotion s’est emparéede l’armée française lorsque, à la fin du siècle dernier, elle s’est trouvée