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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

goûts. Il n’est aucun ordre d’idées auquel elle ne puisse donner satisfaction, etelle s’adresse en même temps à un plus grand nombre d’intelligences. Elle puiseà des sources plus nombreuses; elle met en œuvre des éléments plus divers, etses formes, plus abondantes et plus expressives , sont plus susceptibles de plaireet d’agir sur notre imagination, que celles dont l’art de bâtir est la seule ori-gine. Complément indispensable dans la plupart des circonstances, elle peutapporter à l’architecture, où il le faut et comme il convient, la vie, le mouve-ment, les pensées fines et délicates, les grâces du dessin et le charme des cou-leurs. C’est par elle surtout que nos édifices se mettent en harmonie avec leurtemps, et portent témoignage du sentiment de l’époque jusque dans lesnuances, presque impossibles à définir, qui constituent la mode.

Mais lorsque l’architecture appelle ainsi les autres arts à son secours, elle seréserve de les guider et de les inspirer de son esprit, tout en respectant leursconditions d’existence et leur laissant une juste liberté. Elle ne se borne pas àtracer les limites de leurs compositions ; elle veut être sentie même dans les en-droits qu’elle leur abandonne, et n’admet pas qu’ils viennent contrarier sesharmonies. Que l’œuvre du peintre ou du statuaire paraisse belle quand on l’en-visage isolément; elle le désire sans doute, mais ce n’est point là ce qui lui im-porte. Son but n’est pas de montrer un beau tableau ou une belle composition desculpture, mais un bel édifice; si elle recherche la beauté dans les détails, c’estpour arriver à la beauté de l’ensemble; et la variété qu’elle emprunte doit êtreconçue de manière à rendre l’unité plus saisissante, loin d’en être destructive.L’intervention étrangère est appelée à donnèr à sa composition quelque chosede plus complet et de plus expressif, et ne doit pas engendrer la confusion.

L’architecte ne saurait trop se pénétrer de ces conditions essentielles qui ontété scrupuleusement observées dans toutes les grandes époques de l’art, parcequ’elles y étaient admirablement senties. Elles régissent à la fois les emplace-ments et le caractère à assigner aux ouvrages décoratifs.

Les emplacements sont déterminés par les dispositions générales de l’édifice ;ce sont des espaces trop nus qui demandent à être occupés, des organes impor-tants sur lesquels on veut appeler l’attention, des formes trop heurtées qu il estnécessaire de rattacher par d’habiles transitions. Tantôt l’ornementation occupeles intervalles réguliers qui séparent les éléments fondamentaux de la construc-tion ou les principaux détails d’architecture; tantôt elle se renferme dans descadres aux formes géométriques, tracés par la règle et le compas de l’architecte;