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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

de liberté. Qu'on jette un coup d’œil sur quelques-unes des planches de cetouvrage, sur celles qui représentent des basiliques des premiers temps du chris-tianisme, Sainte-Sophie de Constantinople, Saint-Marc de Venise , le dôme deSaint-Pierre de Rome , etc., et l’on reconnaîtra comment on a su, à diffé-rentes époques, malgré la diversité des goûts, se conformer à une convenancemorale, que nous nous serions sans doute borné à énoncer en peu de mots,s’il n’y avait une regrettable tendance à la méconnaître chez quelques-uns denos architectes, qui semblent afficher le dédain de tout principe régulateur.Triste emprunt fait à une école célèbre par la bizarrerie et le mauvais goût deses productions, à celle du Borromini .

La confusion est plus redoutable que les empiétements, parce qu’il est moinsfacile de l’éviter, et qu'on est plus exposé à y tomber, surtout lorsque la maniede l’ornementation a pris un grand développement. Ce défaut, l’architectureégyptienne le présente à un très-haut degré, car, dans quelques-uns de ses mo-numents, les hiéroglyphes couvrent les colonnes aussi bien que les murs et lesplafonds, et elle y était d’autant plus portée, qu’elle n’a pas ces éléments ca-ractéristiques, cette ossature expressive, qui, introduits dans l’art par les Grecs,se retrouvent, plus ou moins accentués, dans toutes les architectures subsé-quentes. Mais en revanche quelle netteté, quelle admirable lucidité dans la dé-coration des beaux temps de la Grèce , de cette époque unique dans la vie del’humanité, à laquelle il faut toujours revenir, non pas pour lui demander desformes à reproduire, mais pour y puiser ces principes fondamentaux dont lavérité est éternelle. Nous avons déjà cité le Parthénon : certes l’ornementationy est abondante et riche, et voit-on qu’elle donne lieu à la moindre confusion?Loin de là. C’est que l’ossature est traitée dans un tout autre esprit que le rem-plissage ; ce qui importe à la solidité de l’édifice conserve intactes les formes quilui conviennent, et les sculptures n’occupent que le surplus. Les colonnes,T architrave, les triglyphes, la corniche ressortent plus nettement encore quedans les monuments du même peuple qui n'ont pas été décorés avec autant derichesse.

Il faut donc, même en pareille matière, savoir prendre franchement sonparti et le suivre sans indécision. Ou l’ornementation s’appliquera plus parti-culièrement sur les éléments constitutifs, sur les traits essentiels de l’œuvre, ouelle les détachera au contraire du fond par une simplicité relative; et, alorsmême qu’elle devrait tout envahir, il conviendrait de diversifier les formes, les