BEAUTÉ.
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saillies et les couleurs de manière à séparer clairement pour la vue ce qui doitêtre distinct pour l'esprit. Que la netteté d’ailleurs ne devienne pas de larudesse, que les formes ne soient pas trop heurtées, que l’opposition descouleurs ne dégénère pas en crudité, en un mot que l’ensemble soit harmo-nieux sous tous les rapports; c’est là une condition non moins essentielle quela précédente.
La satisfaction donnée au jugement n’est qu’une des qualités réclamées parle goût. Dire de bonnes choses ne suffit pas; il faut qu’elles soient bien dites, sil’on veut obtenir les suffrages de l’auditoire.
Que le peintre et le sculpteur n’oublient pas surtout qu’ils sont appelés àdécorer une construction, et non à faire montre de toutes les ressources deleur art. Qu’ils ne cherchent pas à dissimuler les formes sur lesquelles ils opè-rent; qu’ils évitent avec grand scrupule tout ce qui pourrait en altérer l’appa-rence. S’agit-il de sculptures? Qu’elles se rattachent bien à la place qui leur estfaite; qu’elles n’aient pas de trop fortes saillies; qu’elles ménagent le mouve-ment; qu’elles prennent quelque chose du calme, de la sérénité, et même,jusqu’à un certain point, de la régularité de l’architecture; que, loin de secroire obligées à de serviles imitations, elles laissent reconnaître la matièresur laquelle le ciseau s’est exercé. S’agit-il de figures peintes? Leur modelédevra être à peine accusé, et l’on se gardera d’une représentation trop fidèlede la nature; une perspective trop marquée, une profondeur trop sentie, enlè-veraient au spectateur le sentiment de la forme. Les conditions de la pein-ture murale ne sont pas celles d’un tableau. Il y a plus de convention dansle premier cas; mais cette convention est tellement nécessaire, ressort siévidemment des données fondamentales du sujet, qu’il n’est pas besoin d’enêtre prévenu pour l’accepter d’emblée, et approuver pleinement les œuvres quis’y conforment. Ce sont des images que la peinture murale est appelée à re-présenter et non les objets eux-mêmes. Qu’elle soit donc très-sobre dans seseffets; que les compositions soient simples et se déroulent à peu près sur unmême plan; qu’elle évite les oppositions trop accentuées, les tons trop crus outrop foncés ; qu’elle préfère même un fond uni à tout autre pour détacher sesfigures. La vérité dont elle doit se préoccuper avant tout est celle de Farchitec-ture. C’est ainsi, sans doute, que cette branche de l’art avait été comprise parla Grèce antique. Tel est du moins l’esprit dans lequel la décoration peinte a ététraitée à Pompéï, et, malgré la différence des styles, par les Byzantins , par le