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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
moyen âge et par les éminents artistes des débuts de la renaissance. Plusieurspeintures exécutées récemment dans quelques-uns de nos monuments reli-gieux prouvent du reste que Part contemporain est entré, sous ce rapport, dansune excellente voie.
Il est encore un excès dont le goût doit préserver : c’est la profusion, cesymptôme caractéristique des époques de décadence. Même dans les édifices lesplus somptueux il faut de la sobriété; car on fatigue la vue et l’attention duspectateur quand on lui présente des objets trop multipliés. Une trop grandequantité d’ornements est destructive de l’effet et engendre même la monotonie;ce qui est redondant devient insignifiant. Que le décorateur sache donc se borner,n’oublie pas que les oppositions sont nécessaires pour faire valoir les choses, ets’attache à alterner les parties lisses avec celles qui sont chargées de peinturesou de sculptures.
Le même sentiment des convenances morales doit faire varier le degré d’or-nementation avec la nature de l’édifice, de manière à éviter les abus de la ri-chesse et à assurer à chaque œuvre le caractère qui lui appartient. S’il est desconstructions à traiter avec luxe, il en est qui réclament, plus impérieusementpeut-être encore, une grande simplicité, et l’architecte doit savoir attribuer àchacune ce qui convient. Que les ornements soient prodigués partout, et ilsperdront immédiatement la majeure partie de leur valeur, car ils ne réussirontplus à attirer l’attention des spectateurs blasés. Ce qui était destiné à plairepourra même produire un effet tout opposé.
Après la disposition générale du système décoratif, examinons les ornementsau point de vue de leur nature et de l’esprit dans lequel ils doivent être com-posés.
Ils devraient avoir toujours une signification, de manière à concourir autantque possible à l’expression et au caractère de l’édifice auquel ils s’appliquent.A l’impression, nécessairement un peu indécise, que produit l’architectureréduite à ses seules ressources, ils sont appelés à ajouter de la netteté. Il leur ap-partient de préciser convenablement ce qui serait trop confus, de réveiller dansl’esprit du spectateur les idées morales qui ont présidé à la construction, decompléter, en un mot, la représentation de l’idéal.
Les images symboliques ont moins de valeur aujourd’hui qu’elles n’en avaientdans les sociétés de l’antiquité : des idées plus complexes ont réclamé d’autresmodes de représentation, le développement des connaissances humaines a eu