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Deuxième partie.
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BEAUTÉ.

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pour résultat l’affaiblissement du sentiment poétique, et l’émancipation desesprits a fait oublier bien des conventions. Cependant ces images nous sont tou-jours précieuses, et l’on en peut tirer grand parti; l’essentiel est de les bienchoisir. Ces têtes décharnées de victimes, que quelques architectes modernesont maladroitement empruntées à l’antiquité, sont assurément sans significationpour nous, qui ne connaissons plus les sacrifices sanglants, et elles ont en outrequelque chose de repoussant; les sphynx et les centaures ne sont plus admis-sibles dans l’art moderne, car ces compositions hybrides ne réveillent aucuneidée dans nos esprits; les divinités de la fable, si gracieuses, si poétiques qu’ellessoient, les Muses, les Grâces, Flore, Cérès, Pomone , Vénus elle-même, nesont plus de notre temps, et il faut les laisser au peuple, favorisé entre tous,qui a su en animer la création. Mais les qualités physiques ou morales quereprésentaient ces dieux abandonnés existent toujours, et, quand nous éprou-vons le besoin de les rappeler par des images, les formes auxquelles nous avonsrecours ne peuvent pas différer essentiellement de celles de l’antiquité. Labeauté physique ne portera plus le nom de Vénus, mais sera encore représentéepar la femme douée de toutes les perfections de la forme. Les charmes de nosjardins, les richesses de nos vergers ou de nos champs, comment les mieuxrappeler que par de gracieuses femmes parées ou accompagnées de fleurs, defruits ou d’épis abondants? C’est une branche des connaissances humaines quevous voulez indiquer? Quoi de plus convenable qu’une figure se livrant à uneétude que caractérisent des instruments bien connus? Gardons-nous donc à lafois, et de nous traîner servilement sur les voies du passé, et de repoussersystématiquement les expressions les plus légitimes, par amour pour l’indé-pendance et de peur de passer pour des plagiaires. Il est des images qui nesont ni d’une époque ni d’une nation, mais appartiennent à l’humanité toutentière et à toutes les phases de son développement. Qu’on oublie, si l’on veut,les noms qui leur ont été donnés autrefois et n’importent qu’à l’histoire, maisqu’on respecte le fond, car il est permanent.

Les attributs consacrés deviennent aussi des images symboliques, et ils offrentde précieuses ressources par cela même que leurs formes sont plus simples etn’exigent pas autant d’espace pour se développer. Mais nous sommes pluspauvres sous ce rapport que les peuples de l’antiquité, et les emprunts que noussommes souvent condamnés à leur faire, rappellent des croyances trop éloi-gnées des nôtres pour exercer une grande action sur nos esprits. Beaucoup de

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