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Deuxième partie.
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TRAITÉ D”ARC1TITECTURE.

Th

formes qui avaient autrefois des significations essentielles n’ont plus aujourd’huiqu’une valeur de convention. Tels sont la foudre de Jupiter, le trident de Nep-tune, le caducée de Mercure, l’arc et le carquois de l’Amour, les divers attri-buts des Muses, etc. Sans doute les emblèmes ne manquent pas plus à notrereligion que les figures symboliques, et l’on sait quel admirable parti le moyenâge a su tirer des uns et des autres. Personne n’ignore la signification dutriangle, de la touchante image du pasteur, des agneaux, du fleuve de vie, desbiches altérées, de la vigne, des figures des trois vertus théologales, des attri-buts des apôtres, etc. La symbolique de nos vieux monuments est d’uneampleur et d’une richesse prodigieuses, et elle a enfanté de véritables chefs-d’œuvre; mais elle ne se met pas, comme celle du paganisme, au service denos intérêts terrestres, encore moins à celui de nos caprices ou de nos pas-sions. Enfantées par un ordre d’idées plus élevé, ses formes ne peuvent inter-venir que dans la décoration de nos monuments religieux. Entre le sacré et leprofane, la ligne de démarcation est aujourd’hui nettement tranchée.

L’art ne trouve donc plus tous les secours qui lui étaient prodigués autrefois;mais il n’est pas réduit à la pénurie. Si quelques-uns des attributs de l’antiquitéont perdu de leur mérite, d’autres se sont conservés à peu près intacts. Lesfleurs, les balances de la justice, la corne d’abondance, la gerbe et la faucille,le cep de vigne, le paon orgueilleux, la tendre colombe, et tant d’autres, sonttoujours des formes symboliques comprises de tous. Puis nos ustensiles habi-tuels peuvent devenir d’excellents attributs entre les mains habiles de nos déco-rateurs : se seront des instruments de musique, des armes, des compas, desappareils scientifiques, la palette du peintre ou le ciseau du sculpteur, etc.Les sujets ne manquent certes pas.

Restent enfin les allégories. On en a fait grand abus, et elles ont encouru parsuite quelque réprobation ; mais le principe en est excellent. Elles ont inspiréet inspirent encore chaque jour de charmantes compositions qui, en excitantl’esprit, lui donnent satisfaction. Qu’elles soient bien conçues, qu’elles éveillentdes idées convenables, qu’elles soient claires et ne dégénèrent pas en énigmesindéchiffrables, qu’elles n’imposent pas un travail où l’on demande un plaisir,et elles seront toujours bien venues. Moins nettes, moins promptes à être saisiesque les symboles consacrés, elles sont susceptibles de plaire davantage, par celamême qu’elles ont plus de nouveauté. Elles admettent des formes plus libres etplus variées, et ouvrent un plus vaste champ au génie de l’artiste; elles ap-