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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

dominantes à nos yeux. Il nous a paru légitime d’accorder aux jouissances del’esprit la priorité sur les plaisirs sensuels ; puis nous éprouvions le besoin deréagir contre tant de banales compositions qui s’exécutent journellement à grandsfrais , sans témoigner nul souci de l’idée, n’attendant le succès que de la ri-chesse et de l’harmonie des couleurs. Ces dernières qualités nous les apprécionsfort; et, en demandant qu’elles ne se montrent pas exclusives, nous sommes loinde méconnaître leur importance.

La couleur surtout a tant de charmes, elle exerce sur nous un tel empire, quepartout où elle se montre dans toute sa puissance, il faut quelque effort del’esprit pour demander davantage. Chez les peintres coloristes, que de fautes dedessin ne fait-elle pas pardonner! quel prix ne donne-t-elle pas à ces étoffes,inimitables pour nous, que l’Orient nous envoie! Et ce n’est point une impres-sion fugitive qu’elle produit, c’est une jouissance permanente. On ne se lassepas d’avoir sous les yeux une harmonie de couleurs ; on se sent en présenced’une chose essentiellement bonne; il y a là une beauté réelle. A quoi tient-elle? y a-t-il des lois de nombres pour les ondulations lumineuses commepour les ondulations sonores? ce qui est certain, c’est qu’il en est du beau dansla couleur comme du beau dans les sons : ils nous touchent tous deiix au plushaut degré, sans avoir de signification précise, et sans que nous puissions nousrendre compte des motifs de notre jouissance.

Étudier les conditions de cette harmonie si essentielle à observer dans l’asso-ciation des couleurs, rechercher, autant qu’il est permis de le faire, quels sontles principes généraux qui doivent présider à la coloration, et en présenter,comme il conviendrait, de nombreuses applications, ne saurait entrer dans leplan de cet ouvrage; pareil travail nous mènerait trop loin, nous ferait sortirsans doute, outre mesure, des limites de notre compétence, et même ne seraitpeut-être pas sans quelque danger, car il tendrait nécessairement à introduiredes règles où elles sont d’un faible secours et où le sentiment doit dominer.Ce sentiment de la couleur peut se développer sans doute, mais c’est moins pardes préceptes formels que par une fréquente étude des chefs-d’œuvre de ladécoration polychrome, ou mieux encore des œuvres de la nature, car ellesoffrent à qui sait les consulter les plus admirables harmonies de couleurs. Ilne se donne pas d’ailleurs : il est inné. Il se rencontre très-prononcé à cer-taines époques, chez certains peuples. On le trouve dans les xv e , xvi e etxvn e siècles, chez les Vénitiens et chez les Flamands où il se montre très-fin;